LES PRÉCÉDÉES, LA REINE, LEICESTER
LA REINE, à Burlt'ifjh, Qu'a fait notre conseil ?
BCRLEIGH.
Reine, tout est conclu.
LA REINE
Fort bien, mon cher Burleigh ; et qu'a- t-il résolu?
BURLEIGH
Ce n'est pas une règle, une loi qu'il impose, Mais un vœu qu'il émet.
LA REIÏTE.
C'est ce que je suppose, Et sans doute on n'a pas cette prétention De dicter à la reine une condition.
Devant l'éclat du mien tout pouvoir est bien terne ; Je suis chef de l^Ëtat, je régne et je gouverne; J'admets du parlement les conseils et les vœu.x. Je les pèse, les juge et fais ce que je veux. C étaient les errements de Henri huit, mon père ; Sa fille à sa hauteur se tiendra, je l'espère.
Madame, à ce discours digne de votre rang, Du roi dont vous sortez on reconnaît Je sang.
LA REINE
Quoi qu'ait fait le conseiJ, quoi qu'il ait pu prétendre, Dites-le moi, Burleigii, je suis prêle à l'enlendrp.
BDRLEIGH.
Votre main accordée au frère de Henri, Comble le long espoir que nous avons nourri ; Nous en sommes heureux, madame, et Votre Grâce, Des princes de Tudor perpétuant la race.
Préviendra les malheurs dont souffre un peuple entier, Quand un règne finit sans laisser d'héritier. Et vous pourrez bientôt, liguée avec la France, Briser de l'Espagnol l'orgueilleuse assurance.
L'hymen qu'on se promet paraît avantageux ; Mais pour sa dignité l'Anglais est ombrageux, Et si quelques bruits sourds méritent confiance, Le grand juge des rois blâme cette alliance.
SIMIER
Qui? le peuple?
Oui, le peuple.
SIMIER
Est-il donc si hardi ?
LA REIFTE.
Qu'il ait, à mes projets, ou n'ait pas applaudi, Dédaignant les rumeurs d'une foule insensée.
Je veux, la jugeant bonne, accomplir ma pensée. 20 34 5
D'ailleurs il n'en esi qu'une au fond de mes projets : L'intérêt de l'Étal le bien de mes sujets...
Mais les conventions sont-elles acceptées ?
BURLfiIGH.
Comme vous les avez vous-même présentées.
Une fois le contrat des deux parts approuvé^
Avant qu'un second mois ne se soit achevé^
Londres célébrera la fête nuptiale
Dans toute la splendeur de la pompe royale.
Quand vous aurez daigné lui donner votre foi,
Le duc prendra le rang et le titre de roi ;
Mais vous conserverez l'autorité suprême^
Vous régnerez, madame, et seule et par vous-même.