‹ La comtesse de LeicesterChapitre 8 sur 27 · LES MÊMES, UN OFFICIER DU PALMS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, UN OFFICIER DU PALMS

L'OTFrCIER.

Lord Sidnei sollicite un moment d'audience De votre majesté.

LA REINE

Qui ? Lord Sidnei, dis-tu ?

J'estime son talent et j'aime sa vertu.

Qu'il entre.

9CEIVJB T.

LA REINE, LEICESTER

LA REINE

Ce jeune homme est d'un rare mérite ; Sa noble intelligence en ses yeux est écrite... Mais quel sujet, enfin, Famène devant nous? .

SCBME TI.

LES MÊMES, SIDNEI.

SIQNET.

Ah ! madame, en tremblant j'embrasse vos genoux.

LA REINE

Rclevez'vous, jeune homme, et reprenez courage... Venez-vous nous montrer quelque nouvel ouvrage?

Je ne trouverais là rien qui vous pût troubler.

STDIfEl.

Non ; votre courroux seul peut me faire trembler, MaiS; quelque soit mon ^ort, je ne dois plus me taire, Car j'apporte à vos pieds les vœux de l'Angleterre ; La voix de la patrie a parlé, j'obéis.

J'immole, s'il le faut, mes jours à mon pays. Je veux par un effort désespéré, suprême, Sauver l'honneur Anglais et le vôtre et vous-même ; Je veux...

Tu veux, dis-tu? jeune présomptueux !

Moi, je veux qu'un sujet soit plus respectueux. Pour un peu de babil tu deviens bien «superbe î Suivez donc les conseils de ce mentor imberbe ! As -tu compris l'excès de ta témérité?

Sais-tu quel châtiment elle t'a mérité?

SIDIfEI.

Je sais que vous tenez entre vos mains ma vie. ..

LA REINE

Tu le sais î

smoEi.

Mais, avant qu'elle me soit ravie.

Veuillez m'entendre au moins. Que Votre Majesté Ecoute en ce moment sa royale équité ; Faites-moi cette grâce ; accueillez ma prière Comme si d'un mourant elle était la dernière. Vous ne Tignorez pas, madame, la beauté A plus de charme encore unie à la bonté. ,

LA REINE

Parle donc, je veux bien excuser ta jeunesse,

Mais crains qu'à tes discours mon courroux ne renaisse.

SIDNEI.

Madame, c'est trop peu d*un tel œnsenlement ; Ce n'est pas m'enhardir à parler librement Qu'à la permission joindre ainsi la menace.

Voilà, sur mon honneur un bavard bien tenace, Une prétention qu'on ne croirait jamais...

Dis ce que tu voudras, dis, je te le permets.

SIDNEI.

Quand vous regretterez cette faveur insigne.

Madame, je saurai me taire au premier signe.

Mais vous m'écouterei sans peine et sans regrets, Car il s'agit d'honneur et de grands intérêts.

LA REINE

Parle donc... Il me fait sécher d'impatience.

SIONEI.

Madame, les Anglais redoutent l'ulliance Que vous voulez former avec le duc d'Anjou...

LA REINE

Encor cette union î... Tout le inonde est donc fou î .Mais à ma juste humeur je veux bien faire trêve; Poursuis et que surtout la harangue soit brève.

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