‹ La comtesse de MonrionChapitre 25 sur 65 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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Après avoir quitté la maison de Jeanne Dromeray, madame de Monrion revint rapidement vers le château de son oncle. Elle ne vit point les voitures de MM. de Montaleu et de Rudesgens qui s'étaient retirées à l'écart ; mais elle fut très-surprise en rencontrant M. de 3Iontéclain qui, ayant aperçu ces voitures, était descendu de cheval pour pouvoir approcher plus discrètement de la cabane. A ce moment, madame de Monrion ignorait encore l'affreuse calomnie dont elle était la victime; cependant la rencontre de

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2 I.\ COMTESSE DE JI0?JRI07i.

cet homme, dont elle avait entendu faire à M. de Montaleu les récits les plus défavorables . iui causa un véritable effroi. Montéclain s'arrêta à l'aspect de Julie; il sembla prêt à l'aborder ; mais presque aussitôt il passa, après l'avoir saluée avec respect. Elle poursuivit sa route; mais, arrivée à l'endroit où elle devait quitter l'allée où ils s'étaient rencontrés, elle se retourna pour savoir quelle direction prenait 3Iontéclain , et le vit à la place où elle l'avait laissé, immobile et la tétc découverte.

Julie avait quitté le château, en proie à une profonde douleur. Elle ne se dissimulait point que l'insulte qu'elle avait reçue de madame de Champmortain avait été dirigée par une main plus exercée que la sienne. Elle avait reconnu la haine de Léona ; elle avait deviné que , d'une façon quelconque, celle-ci avait excité contre elle la jalousie de Sylvie; et madame de Monrion, qui avait pu juger par elle-même de la fureur de la passion de madame de Champmortain , prévoyait que Léona la pourrait pousser aux plus terribles excès. Sa fierté s'était résolue d'abord à soutenir cette lutte , mais après bien des colères, après bien des larmes , elle avait pris le parti de fuir.

C'est que l'outrage qu'elle avait reçu n'était

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