‹ La comtesse de MonrionChapitre 44 sur 65 · LIBRAIRIE, IMPRIMERIE ET FONDERIE · texte numérisé non relu

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Lcona était retirée dans son boudoir. Elle était assise au pied du lit de Léda. Les soins que Dorothée avait prodigués à la malheureuse victime de la brutalité d'Hector avaient fait disparaître, en partie, les traces de l'horrible violence exercée contre elle : Léda paraissait calme. Léona, au contraire, était pâle, défaite ; son œil, tantôt immobile, tantôt hagard, annonçait une agitation excessive. Ses yeux étaient cernés par l'insomnie , son front crispé [)ar des pensées

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terribles, et elle murmurait à voix basse des phrases entrecoupées.

Plusieurs fois elle se leva avec impatience, alla entr'ouvrir les rideaux roses d'une fenêtre et revint prendre sa place en disant :

— Ne viendra-t-il pas ?

Puis elle se replaça en face de Léda, et l'examina curieusement. Celle-ci , le sourire aux lèvres, l'oeil brillant et joyeux, s'était prise à dire doucement, et d'une voix presque insaisissable, une chanson mélancolique. Léona la regardait, et elle allait peut-être l'interrompre , lorsque le bruit imperceptible d'une porte qui s'ouvrit l'arrêta. Dorothée entra et lui fit un signe.

— C'est lui? dit Léona. Dorothée, veille sur cette femme.

Léona passa dans sa chambre , où elle trouva Hector de Montaleu. De même que Léona, il paraissait avoir subi une nuit d'angoisses et de terreur. Son œil était éteint , son visage pâle et avachi ; jamais ses plus rudes journées de chasse et ses nuits les plus frénétiques de débauche n'avaient brisé à ce point la force herculéenne du colosse. Léona sourit en le voyant ainsi. Cette prostration lui promettait un esclave docile.

Hector trembla et baissa les yeux en apercevant Léona .

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