I.A LEÇO
naissez comme vraie l'accusation de 3Iontéclain ?
— Oui.
— Tandis que si vous persistez à la nier, c'est Montéclain qui aura menti...
— Ah ! oui, repartit Hector toujours sous le poids de la même pensée ; c'eût été possible, si je ne vous eusse pas trouvée ; si, pour avoir cette lettre...
— Cette lettre n'existe plus, ou bien elle est entre vos mains.
— Oui, reprit-il avec le ton désolé d'un misérable qui , enfermé dans son crime , n'y voit aucune issue; mais on voudra savoir pourquoi on a lait disparaître cette lettre.
— Qui peut dire que c'est vous ? et pourquoi vous.en accuserait-on? Cette lettre ne vous compromet pas, et vous n'avez aucun intérêt à vous en emparer.
— C'est possible , dit Hector , chez qui le remords se plaçait incessamment entre son intelligence et les raisonnements de Léona ; mais elle vous intéressait, vous, et alors...
— Moi ! fit Léona avec dédain ; ne vous occupez pas de moi... je saurai me défendre si on m'accuse. Mais vous, si vous voulez vous sauver, il ne suflîl pas de vous défendre, il faut accuser !
— Accuser... qui ? demanda Hector en regardant Léona avec stupéfaction.
— Écoutez, reprit-elle, et comprenez-moi bien si vous pouvez.
Elle se plaça près d'Hector, lui prit la main, et lui dit , comme si elle eût besoin de toutes les puissances de la persuasion pour arriver jusqu'à cet espi'it frappé d'obscurité :
— Regardez-moi et écoutez-moi. Hier, en quittant le château de Montéclain, vous êtes rentré chez vous indigné de l'odieuse accusation qu'il avait osé porter contre vous, et résolu à la venger?
— Oui, oui, fit Hector ^n hésitant, et... et après...
— Ce matin, vous allez chercher des témoins pour demander raison à Montéclain de son insulte...
— Et qui voulez-vous que j'aille chercher?... Brias , Champmortain , qui étaient présents à l'insulte?...
— Brias et Champmortain , précisément , dit Léona d'un ton affirmatif.
— Ceux qui ont vu la lettre de Léda ?
— 3Iais, reprit Léona avec une patience obstinée, cette lettre ne vous nomme pas, et Léda se taira maintenant. . .