L\ LEÇON
^- Qu'est-ce que cela foit? dit Hector ; ils ont vu la lettre ; ils savent que Lcda est la mère de ce misérable enfant recueilli par madame de Monrion ; ils demanderont quel est le père de cet enfant...
— Très-bien. 3[ais, repartit Léona en pesant ses paroles, si Lcda n'était pas coupable... si elle n'était pas la mère dcTenOmt...
— IMais, dit Hector avec désespoir, la lettre. . . la lettre...
— Si la lettre était fausse...
Hector attacha sur Léona des yeux épouvantés,
— Si cette lettre, continua Léona en faisant à la fois pénétrer son regard et sa parole dans l'esprit troublé d'Hector, si cette lettre, confiée d'abord à madame de Monrion, et si longtemps conservée par ^Fontéclain, était une invention pour faire retomber sur des innocents la foute dont ils sont coupables...
— Montéclain et Julie?... fit Hector en regardant Léona d'un œil fixe.
n crut avoir compris, mais presque aussitôt il reprit d'un ton désolé :
— Pounpioi se seraient-ils cachés? Ne sont-ils pas libres l'un et l'autre?...
— Ce n'est pas une raison pour une femme d'avouer qu'elle s'est laissé séduire.
— Mais pourquoi ne se seraient-ils pas mariés?
— Parce que M. de Montaleu, qui a fait de Julie son héritière, n'eût jamais consenti à son mariage avec Montéclain qu'il déteste et qu'il méprise.
— Ah ! fit Hector en relevant la tête, oui... oui... bien... Ah! oui...
Il se leva, passa sa main sur son front en prononçant ces mots. Grâce à la parole perfide de Léona , une lueur infernale commençait à pénétrer dans la nuit effroyable où il s'agitait.
— Après... après?... dit-il d'une voix altérée et curieuse.
— Que signifie, reprit Léona avec un sourire de triomphe , cette prétendue lettre lue par la comtesse de Monrion , lue ensuite par Montéclain, et qui dit, il y a six mois, dans la bouche des deux confidents, que Léda va voir à Paris sa mère malade, et qui, six mois après, se trouve renfermer l'aveu d'une faute?
— En effet... c'est vrai... oui... c'est possible..., repartit Hector, cela peut paraître extraordinaire. Biais, ajouta-t-il en s'arrètant devant Léona , il est certain qu'à cette époque Julie et Montéclain ne se connaissaient pas.
— Qui vous l'a dit? continua madame Amab; Montéclain et Julie n'habitaient-ils point Paris,