COUTBilK DE nONRION. 3* H
122 I,A COMTESSE DE MOISRION.
ignorait alors vos relations avec Sophie Muller.
— C'était donc Montéclain ? s'écria M. de Montaleu .
— Oui, oui.
— Lui, dont le fils nous a tous si insolemment menacés ce matin?
— Oui.
— Lui, qui est venu me demander d'aller voir sur son lit de mort le malheureux enfant que j'ai repoussé, que j'ai renié, que j'ai chassé?
— C'est vrai , répéta madame de Rudesgens, qui pouvait à peine se soutenir.
— Et vous, reprit M. de Montaleu avec indignation, vous qui , depuis le départ de Montéclain, de votre amant, avez appris tout ce que votre infâme supercherie avait attiré de malheur à l'infortunée Sophie; vous qui savez tout ce que j'ai souffert de la croire coupable, vous n'avez pas eu un moment pitié ni d'elle ni de moi ; vous n'êtes pas venue me faire cet aveu...
— Oh ! pardonnez-moi , pardonnez-moi , fit madame de Rudesgens avec désespoir.
— Et mon fils se meurt, s'écria M. de Montaleu , que les larmes gagnèrent enfin , et il est dans la maison de mon ennemi, qui l'a recueilli, tandis que moi je l'ai chassé; qui a recueilli aussi une pauvre enfant , innocente peut-être,