I.A COMTESSE, rhangeaut subitement de ton
Bertini!...
BERTINI, s’approchant.
Madame la comtesse !
Le coup part du premier ministre... ce d’Argenson, qui a uré ma perte... mais il s’en repentira!
BERTINI
Prenez garde... c’est un homme dangereux.
LA COMTESSE, pensive.
Oui, je le sais; la pauvre Chàteauroux, son ennemie aussi , n’a pu etre sauvée par l'amour du roi... elle est morte au milieu de son triomphe... morte empoisonnée!...
BERTINI
Empoisonnée!... mais ce moyen... en vaut un autre, et si
l’on essayait de l’employer contre lui-mème la peine du
talion? ^
Tais-toi, de pareils moyens... quelle que soit mon ambition, je n’en veux pas.
BERTINI
Cependant...
Je ne veux pas. (Remontant, et avec agitation.) Mais cette demoiselle d'Aubeterre, où donc est-elle... oh! j’ai hâte de la voir... on la dit si belle !
BERTINI
Uni, je sais, cette jeune fille vous inquiète... mais pour vous être une rivale redoutable, il faudrait qu’elle fût complice de son père...
Oui me dit qu’elle ne l’est pas?... c’est pour m’en assurer que je suis venue, et je saurai bien trouver un moyen...
BERTINI
Si jeune!... si candide!... et d’ailleurs, elle aime monsieur Gaston de Givrac.
Ces sortes d’amour fondent comme une neige au feu ardent de l’amhitiorf.
BERTINI , voyant entrer Gaston.
Ah ! on vous apporte des nouvelles.
GASTON , s’avançant.
Madame la comtesse, aucune trace de cet homme, quoique blessé, il est parvenu à s’échapper.
LA COMTESSE, après avoir considéré Gaston en silence, et comme suivant une autre pensée. A part.
Liii! quelle inspiration!... (Haut.) Merci, monsieur de Givrac... (a Bertinî, baissant la voix.) Bertini , j’ai à parler à monsieur de Givrac.
BERTINI
Je comprends... c’est par lui que vous voulez pénétrer les projets de cette jeune fille... C’est par lui que vous saurez si elle est votre rivale, et si elle aspire au titre de favorite.
Laisse-nous.
BERTINI, bas.
Et quant à cette visite du roi, je vais m’informer, (u sort.) SCÈNE VIII.
LA COMTESSE, GASTON. (La comtesse s'assied sur le canapé
à droite.)
LA COMTESSE, à part, regardant toujours Gaston.
Oui, c’est par lui que je saurai forcer celte jeune fille à dévoiler ses desseins.
v GASTON, debout.
Vous paraissez bien préoccupée, madame la comtesse? Ah! je comprends, une attaque si audacieuse...
LA COMTESSE, machinalement.
En effet...
• GASTON
Madame la comtesse, une grâce!... cet homme qui vous a insultée, à tout prix je saurai qui il est; et alors, oh! je vous en prie, ne remettez qu’à moi le soin de vous venger!... (Mouvement de la comtesse.) 11 est puissant, peut-être, et je ne suis qu’un simple capitaine; mais si terrible et si haut placé qu’il soit, quel est l’ennemi qui résisterait à l’homme qui vous a voué toute sa vie!
MARGUERITE, ouvrant la porte de la chambre de droite et apercevant Gaston.
GaStOlll... Comme il est ému ! (Elle rentre et referme lentement la porte.) «
LA COMTESSE , après un silence pendant lequel elle a observé Gaston et indiquant un siège auprès d’elle.
Asseyez-vous là, monsieur de Givrac, et écoutez-moi. (n s’assied près d’elle. — Elle reprend.) Vous dites que vous incliniez, mais le bruit n’a-t-il pas couru que vous étiez très-assidu prés de mademoiselle d’Aubeterre, et qu’une affection mutuelle...
GASTON
C’est vrai. Madame, oui, j’ai aimé Marguerite, mais alors je