ACTE Ht, SCÈNE VIH
ne vous connaissais pas, je n’étais pas sous l’empire de cette passion enivranie, irrésistible...
Assez, Gaston!... je ne saurais accepter votre amour sans faire le malheur d’une autre, Sans m’exposer moi-inéme à d’éternels remords.
CASTON.
Madame!...
Et c’est ce que je ne veux pas, il faut oublier celte folie!...
GASTON, se levant.
Il vous est facile de parler ainsi, a vous. Madame, dont le cœur a le .don précieux d’être inaccessible aux passions que vous faites naître.
LA COMTESSE, se levant après un nouveau silence.
Vous êtes bien injuste; Gaston, qui vous dit que ce cœur soit plus calme que le vôtre?
GASTON
Qu’entends-je?...
LA COMTESSE, avec une émotion simulée.
Gaston! il est des circonstances dans la vie, où il faut sacrifier au devoir ses sentiments les plus chers; et nous subissons aujourd’hui cette nécessité.
GASTON
Que voulez-vous dire?...
LA COMTESSE, gravement.
Vous avez fait à une jeune fille des serments sur lesquels elle a basé le bonheur de toute sa vie; ces serments, la loyauté vous ordonne de les tenir.
GASTON
Quoi?...
Vous avez promis à mademoiselle d'Aubelerre de l’épouser, il faut demander sa mam.
GASTON
Mais...
Il le faut... c’est au nom de ma conscience, de mon repos peut-être, que je l’exige.
GASTON
Mais, puis-je offrir à Marguerite un cœur qui né s’appartient plus?...
Vous trouverez dans voire honneur le courage de lui cacher la vérité...
CASTON, à part.
Ah!
LA COMTESSE j d’un tou affectueux.
Allons, promettez-moi d’accomplir ce sacrifice que mon
amitié vous impose, (sue îuj tend la main.) Vous me le promettez, n’est-ce pas?...
CASTON , lui prenant la main.
Sur l’honneur, Madame, je vous le promets.
LA COMTESSE , a part.
Enfin! nous verrons comment elle accueillera sa demande.
GASTON
Oh! mais, dites-moi au moins...
LA COMTESSE , lui montrant quelques invités qui paraissent dans le fond.
Du inonde!... offrez-moi donc votre bras... (ils remontent lentement la scène.)