ACTE III, SCÈNE XII
BF.RTINI , reparaissant tout à coup au fond et se rencontrant arec Durand.
Eh bien!... quel est cet homme?...
DURAND
C’est le diable. ( il se saute effrayé.)
BKHTI.M , à part.
Le diable!... raison de plus pour avoir l’œil sur lui!... (n reste
au foud et observe. )
JACQUES, sur le devant de la scène.
Voyons donc... (U tire la lettre de sa poche et lit.) Ai-je bien lu !... Détruire ces papiers! l’acte de mariage qui donne un nom à mon enfant, l’acte de naissance qui consacre mes droits de père... Oh!... un conseil aussi odieux... est-ce que la comtesse oserait...
(Le valet rentre par la gauche.) Qu est-ce?
LE VALET
Pardon, Monsieur, je venais prévenir madame de Novailles...
mais. . . ( Il va pour traverser la scène. )
JACQUES
Madame de Novailles... je suis de ses amis... Que lui voulezvous?
LF. valet.
L’avertir que la chaise de poste qui doit la conduire à Saveneuse sera ici dans une heure, comme elle l’a demandé.
JACQUES, très-surpris.
Ah! «
I,E VALET
Monseigneur ignorait donc?
JACQUES
Au contraire, car je dois la devancer à Saveneuse pour tout préparer; vous m’obligerez donc, mon ami, de me procurer, à l’instant même, un très-bon cheval.
LE VALET, s’inclinant.
Dans dix minutes, Monseigneur, vous le trouverez dans la petite cour... (il indique la porte à gauche.) par cette porte, au bas de l’escalier.
JACQUES
C’est bien !... (Le valet sort.) Ah ! madame de Novailles, je comprends maintenant pourquoi vous étiez tout à l’heure de si bonne * composition... Mais j’arriverai avant vous à Saveneuse, et c’est vous alors qui retombez en mon pouvoir... Mais, avant tout... oh! avant tout... il faut que j’accomplisse le dessein qui m’amène ici... il faut que j’arrache ma fille à cette maison!...
( Bertiui redescend.) Du monde!... pas un instant à perdre!... (u sort par la droite. ) r
bF.KTINI , qui n'a pas cessé de l'observer.
Si tu es le diable, je ne te quitterai pas que je n’aie vu au moins le bout de tes cornes, (n le suit.)