SCÈNE II
LA COMTESSE, LE BARON D'AUBETERRE, MARGUERITE, puis BERTINl et NOVAILLES.
LE BARON, à Marguerite.
Vous le voyez, Marguerite, Versailles n’a rien d’effrayant, et vous aviez grand tort de ne pas vouloir m’y accompagner.
MARGUERITE
Non-seulement j'ai consenti à paraître à la cour, monsieur le baron, mais j’ai fait plus encore.
Que voulez-vous dire?...
MARGUERITE
Vous le saurez bientôt.
LA COMTESSE, allant au baron.
Vous à Versailles, monsieur le baron? Je vous croyais sur la route de Sedan.
LE BARON
Pardon, madame la comtesse , l’ordre date d’hier à six heures, et il en est huit, il me reste donc deux heures, et j’ai voulu les mettre à profit pour venir remercier le roi, d'abord du poste honorable auquel il a bien voulu me nommer, puis la reine pour l’éclatante faveur qu’elle vient d’accorder à ma fille.
LA COMTESSE, stupéfaite.
Ah! .
LE BARON
Oui , la reine a daigné la demander elle-même pour faire partie de ses filles d’honneur...
Quoi ! mademoiselle d’Aubelerre ne vous suit pas?
' LE BARON
Non, j’aurai le courage de me séparer d’elle.
LA COMTESSE, à part.
Elle reste ici... à la cour!...
LE BARON, ii Marguerite.
Ma fille, remerciez donc madame la comtesse, qui, je le parierais, est pour quelque chose dans l’honneur quon nous fait aujourd’hui, (il remonte.)
LA COMTESSE, à Marguerite , qui va s'éloigner Après l’avoir salué.
Pardon, Mademoiselle, j’ai un mot à vous dire... (Marguerite la
regarde avec surprise. Le baron remonte et va causer avec deux dames qui traversent le fond. ) et je saisis cette occasion de vous demander l'explication d’un fait que je n'ai pas compris.