NOV AILLES
Déjà! Eh bien! et ces papiers... vous ne me les montrez donc pas?
JACQUES
Non, monsieur le comte, j’ai changé d’avis.
NOVAILLES.
A votre aise... Allons, au revoir, mon cher monsieur de La-
ripaliére ! (il le reconduit jusqu’au fond.)
JACQUES, après avoir salué, à part.
Et maintenant, courons rassurer Marguerite!
LA COMTESSE, à part, pendant que Jacques s’éloigne, et d'un ton de menace.
Insensé !... qui s’imagine que je le laisserai libre... lui... cette menace vivante sans cesse suspendue sur ma tète... insensé et imprudent!... je triompherai... oui. . Mais il est une pensée qui me poursuit et nie glace... cette jeune tille!... oh! c'est affreux !
NOVAILLES, revenant du fond et rejoignant la comtesse.
A quoi rêvez -vous donc, comtesse?
Mon Dieu... à une personne... qui m’est fort indifférente... Vous savez comment le baron d’Aubeterrc est sorti de Versailles?
• NOVAILLES.
Assez honteusement... on me l’a dit. . '
Eh bien! je me demandais ce qu’était devenue sa fille, cette jeune Marguerite...
NOVAILLES.
Voulez-vous que je m’en informe?
LA COMTESSE, vivement.
Non, non! (a part.) Ah ! je voudrais toujours douter! v NOVAILLES.
Mais reparlons donc de ce charmant voyage, chère comtesse; vous ne sauriez croire combien je suis heureux que vous consenliez à me suivre en Allemagne. Tenez, ne remettons pas à demain, j’ai hâte de quitter Paris. Vous allez faire vos préparatifs cette nuit même.
Modérez-vous, de grâce, monsieur le comte, et daignez me pardonner si je vous avoue franchement que cette violente passion de voyage n’était qu’un caprice... qui vient de se dissiper...
NOVAILLES, la regardant avec stupéfaction.
Ah!...
Mais, je ne veux pas vous manquer complètement de parole... et au lieu d’un tète à tète de trois cents lieues... c’est-à-dire une éternité, je vous en accorde un de dix minutes. (Elle sonne.) Je vais achever ma toilette près de VOUS. (Entre par le fond une femme de chambre.) Apportez ici mes fleurs et mes diamants. (La femme de