‹ La comtesse de Novailles drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 82 sur 122 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

chambre entre à droit*.) Eh bien! mais, qu’avez-vous donc? Vous paraissez tout triste?

LE COMTE, sortent de sa rêverie.

Triste? non !... Un peu désappointé, voilà tout! (u« valet introduit un valet du roi.

• ISO VA ILLES.

Un messager du roi!

LE VALET, remettant une lettre à la comtesse, puis une autre au cumtc.

Pour madame la comtesse... pour monsieur le comte, (u sort.)

LA COMTESSE, lisant.

« A madame la surinteuriante de la maison de la reine. » (Parié.) Surintendantc !... Enfin, ce titre, objet de toute mon ambition, il est le mien.

NOVAILLES.

Surintendante!

Et ce n’est pas tout, ce blanc-seing que j’ai sollicité...

Quelque malheureux à protéger!

Oui, une faveur... {a part.) ou une vengeance. Ali ! Jacques !.. cette fois il n’y aura plus d’erreur à la Bastille, (a Novailles.) Qu’est-ce?...

NOVAILLES.

Ce projet pour lequel j’ai écrit au roi, un brevet de colonel pour me rendre immédiatement au siège de Bruges.

Mais vous avez renoncé à celte idée?

NOVAILLES, regardant sa femme, après un silence.

J y reviens. (La femme de chambre rentre, pose sur la console les diamants, et dispose des fleurs dans les cheveux de la comtesse.)

Cette fleur un peu plus bas. (La femme de cha tMbre obéit. — La comtesse se regarda dans la glace.) C’est cela! (Au comte.) Mais, eil vérité, monsieur le comte, c’est une tyrannie de ma part de vous retenir ici. Ne vous gênez dont: pas ; allez chez M. de Saint-Aignan.

NOVAILLES.

J’ai si rarement l’occasion de me trouver seule avec vous... laissez-moi profiter de celle-ci.

• < Comme il vous plaira, (a la femme de chambre.) Attacbez-moi ce collier... c’est bien... je n’ai plus besoin de vous. (La femme de chambre sort. — La comtesse se tournant vers le comte qui, pendant ce temps, a pris machinalement l’enveloppe et la regarde.) Comident me tfOllveZ-

vous?

NOVAILLES, déposant l’enveloppe. v

Adorable, comtesse!... mais je vous trouve aujourd'hui un luxe de toilette qui dépasse les limites de la coquetterie ordiaire... Quelle solennité y a-t-il donc à la cour?

LA COMTESSE, toujours assise, et occcupée de sa toilette et de ses diamants.

Je ne vous ai donc pas dit?... c'est ce soir que je suis présentée comme surintendante de la maison de ia reine.

NOVAli.LGH, tressaillant.

En effet... (il reprend l’enveloppe.) Voici voire nouveau titre sur Cette enveloppe, (n la replace sur in console ) Mais il manque une chose à votre toilette, comtesse, et c’est moi qui veux la compléter.

(il va ouvrir une cassette déposée sur une tatile, l’ouvre et en tire un bouquet.) I.A COMTESSE, examinant.

Quoi donc ?

ISOVAILI.ES.

Tenez.

Ah! le magnifique bouquet! (Elle le respire.)

NOVAILLES.

J’ai voulu me faire pardonner mes malencontreux coquelicots.

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