‹ La comtesse de Novailles drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 83 sur 122 · I.A COMTESSE · texte numérisé non relu

I.A COMTESSE

Merci, monsieur le comte-.. Quant à cette cérémonie, je ne vous engage pas à y assister, cela n’a rien que de fort ennuyeux, pour vous surtout, l’homme du bal et des fêtes bruyantes...

NOVAILLES, après un silence, comme s’arrachant à une préoccupation.

Les fêtes... j’y vais souvent, j\ n conviens... et pourtant...

IA COMTESSE, choisissant ses diamants.

Eh bien?

NOVAILLES, s’asseyant, et d’un ton calme et grave.

Voyez un peu. Madame, comme nous ignorons tous notre destinée et combien nous savons peu où nous allons.

Quel début philosophique!

NOVAILLES.

Croiriez-vous que, du moment où je vous ai connue, je n’ai plus songé qu’à rumpre avec la vie de dissipation et de plaisir

S ue j’avais menée*josqu’alors, et que loin d’aspirer aux graneurs, j’avais hâte de m’y soustraire... Savez-vous quelle était mon ambition en me mariant?., je vais bien vous surprendre... un intérieur calme, paisible, sans éclat, l’amour de ma femme, de mes enfants, l’estime de tous... La cour!... eh! mon Dieu! je n’y songeais même pas!... Le bonheur que je rêvais, bonheur vulgaire, était au coin du feu, un livre à la main, les yeux tantôt fixés sur l’épouse chérie, tantôt sur un enfant, tendre et noble espoir d’une race honorée... et ce qu’il y a de plus étrange dans ce rêve insensé, c’est que je m’étais imaginé trouver en vous les mêmes penchants ; en vous, Madame, qu’une longue et austère retraite semblait avoir formée tout exprès pour une telle existence...

Je vous trouve bien patriarcal aujourd’hui, monsieur le comte.

Ko

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