M“- do Pailly
2. Nous n'avons pu trouver aucun renseignement sur ces bals do Vincennes qui se donnaient au mois do juillet et auxquels on assistait dans des loges ; ils avaient lieu sans Joule au château.
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vie *. M. de Nivernois est enrhumé et aduxionné comme un pauvre loup. Cependant, il va toujours son tram ordinaire 11 vient de monter à cheval après notre petit déjeuner que nous avons fait au Joli belvédère où Je suis restée, chargée de raille amitiés pour vous. Je suis si lasse de ma Journée d'hier, que Je ne comprends pas, mon cher ami, comment J’ai eu la force de tant griffonner. O divine amitié!
C’est pendant ce voyage du marquis de Mirabeau en Provence et en Limousin que le duc de Nivernois fut envoyé en Angleterre comme ambassadeur extraordinaire pour négocier la paix. Dès que l’on commence à parler de lui pour cette mission, M®® de Rocheforten instruit le voyageur : ♦ Le public, lui écrit-elle, en date du 13 août 17G2, juge ainsi que nous que notre musicien est un grand harmoniste ; vous savez les bruits qui courent sur lui, car ils retentissent partout hors dans le sein de sa famille, oü l’on n’en parle que d’après le vulgaire . » Dans la lettre qui suit datée du 2 septembre, 1a nouvelle est devenue positive etM“* de Rochefort écrit au marquis : « Jugez dans quel torrent d’affaires M. de Nivernois est noyé; il apprend il y a quatre jours qu’il est décidé qu’il va en Angleterre, et
1. Il est difficile de ne pas remarquer celte réflexion si mélancolique de la part d’une personne dont la situation parait brillante, il est difficile aussi de ne pas se demander quelle est la signification do ce mot peut-être, correctif du mot jamais. N’indiqucrait-il pas l’idée de la possibilité d'un changement heureux dans la destinée d’une femme de quarante-six ans, destinée qui semble définitivement fixée? N’y aurait-il pas là quelque arrière-pensée involontaire que M“* de Rochefort ne s’avoue pas à elle- même, quelque allusion à la possibilité improbable d’un second mariage ? Cette espérance devait pourtant se réaliser, mais pour quelques jours seulement.
en môme temps que son départ est fixé à samedi prochain. C’est après-demain, mon cher ami, qu’il part; il a pourtant trouvé un moment pour vous dire un petit adieu et le besoin qu’il aura de vous à Paris pour ses affaires particulières, tandis qu’il va faire celles de tout le monde. En qualité de citoyen, quand ce ne serait pas comme ami , je suis bien sûre que vous serez charmé de lui être utile. Je suis chargée d’une partie des instructions qui vous seront nécessaires à votre retour. J’espère qu’il sera très-prompt. i
Une troisième lettre que nous citerons tout entière annonce l’arrivée de l’ambassadeur à Londres et nous montre M“® de Rochefort partageant presque à ce moment, par égale part, sa sollicitude entre ses deux amis. A la date de cette lettre, le marquis de Mirabeau est en route pour le Limousin et se prépare à des débats pénibles avec sa femme et sa belle-mère; il se fait fort de réussir par la crainte si la modération ne suffit pas, mais il semble que M“*® de Rochefort n’a pas beaucoup de confiance dans l’énergie de ses résolutions.
La comtesse de Rochefort au marquis de Mirabeau.
« Saint-Maur, 20 septembre 17G2.
j> J’ai reçu hier matin, mon très-cher ami, votre lettre du 13; mais, avant d’y répondre, vous ne serez pas fâché que je vous dise que ie soir même ii m’arriva ie premier paquet de Londres, que j’attendais, comme vous pouvez le croire, avec quelque impatience. Notre ambassadeur se porte assez bien, à ia fatigue près et un vieux reste de rhume. Ii prévoit que la fumée du charbon pourra aflligcr ses nerfs, mais ce n’est
pas ce qui l’inquiète; il n’en sera pas de môme de nous. Sa réputation l'aura devancé, et M"* Pitt me mande qu’il a reçu universellement l’accueil qu’il mérite. Il est fort embarrassé de l’habitation qu'il aura. Itien n’est si diflicilo à trouver dans cette immense ville de Londres qu’une maison convenable et saine. En attendant, il est chez la bonne M"‘® Points avec toutes les commodités personnelles possibles, voilà la récompense de ses bonnes actions envers cette famille. La sienne vis-à-vis de vous, mon cher ami, sera votre bonheur, c’a été le but de toutes ses précautions en nous quittant. Je viens de lui écrire le précis de ce que vous me mandez; j’en suis fort contente, parce que je veux croire que vous ne vous llaltcz pas par de vaines apparences quant à ce qui regarde les autres et par une trompeuse nécessité dans vos propres forces. Je vous dirai seulement, parce que je vous dis tout ce • que je pense, que la manière dont vous me parlez de votre courage m’a fait souvenir d'un trait du portrait de M“* do Staal fait par eUe-mérae, où elle dit que, comme une femme qui se tient bien serrée dans son corps ‘ croit avoir une belle taille, de même elle se croyait beaucoup de raison parce qu’elle était fort gênée.
»Au reste, j’aurai après-demain des conversations sur tout ce qui vous intéresse avec ma voisine *, qui. Dieu merci, vient pour quelques jours à Saint-Maur. Je le quitte, ce Sainl-Maur, à la fin du mois. 11 m’oùt été bien doux de vous retrouver à Paris, mais il me sera encore plus doux de vous revoir débarrassé de toutes les épines que vous aurez pu arracher du fagot de votre vie, et, comme je passerai à Pontchartrain une bonne’partie du mois d’octobre, je vous donne congé encore pour quelque temps de meilleure grâce, mais n’abusez pas trop de mon indulgence: on ne peut pas anéantir le moi, on ne fait que lui donner le change, mais il tend toujours à reprendre sa direction naturelle. Ramenez -moi donc du Limousin, dès que cela vous sera possible, une bonne portion de mon existence que l’Angleterre a si fort appauvrie. Je