‹ La comtesse de Rochefort et ses amisChapitre 13 sur 47 · M®* de Nivernois · texte numérisé non relu

M®* de Nivernois

2. M. Roujault était un ancien président de la chambre des enquêtes au parlement do Paris intimement lié avec M®' de Pontcharlrain. Le marquis de Pontcharlrain était, je crois, le beau-frère de la vieille comtesse.

3. Ceci a trait à la situation du duc de Nivernois, revenu do Londres depuis un mois, après avoir rempli sa mission et concouru d« son mieux au traité do paix entre la France et l’Angleterre signé le 10 février 1763. Duclos dit à ce sujet « que l’ambassadeur n'eut d’autre récompense que l’approbation publique ». Mais Duclos y mot de la complaisance ; le traité n’étant guère plus populaire en Franco qu’en Angleterre, M. de Nivernois eut à subir philosophiquement les inconvénients d’un labeur ingrat que la Cour no récompensait pas, prérisément parce qu’il était mal vu du public. On voit qu’il se console à sa manière on faisant de la musique à outrance et probablement aussi en composant des fables.

avait dit-on, assuré la mère que ses enfants avaient eu la petite vérole autant qu’ils pouvaient l’avoir. Il y a près de six semaines de l’inoculation, la petite vérole vient de se déclarer très-fort à la fille après une fièvre ardente. Elle voit Petit et Renard. Polit aHirme que c’est la petite vérole inoculée qui parait. Renard qui est opposé à l’inoculation, dit que c’est une petite vérole naturelle. De tous ces contretemps et de toutes ces contradictions la mère est d’autant plus furieuse contre Gatli, qu’elle est pour elle-même dans la plus grande crainte, ayant été inoculée et n’ayant encore eu aucun symptôme de l’eiïet de l’inoculation. Elle a, dit-on, écrit une lettre terrible à Gatti. Pendant ce temps-là, la faculté de médecine a nommé des commissaires en conséquence de l’arrêt du Parlement*. Bouvard est du nombre. Il semble que tout concourt à dégoûter ou à révolter notre ami. Vous en serez aussi aflligée que moi. S’il vous donne de ses nouvelles, je vous prie de m’en faire part. Si nous retournons ce soir à Paris, j’emporte cette lettre avec moi et vous rendrai compte, demain matin, avant qu’elle parte, de tous les événements nouveaux. Si au contraire nous restons, comme je l’espère, ma lettre partira ce soir d’ici, et il est vraisemblable que je n’aurai rien à y ajouter. Je vous assure que tous mes passetemps ne m’empêchent pas de penser sans cesse à ma douce amie]; il n’y a pas de jours que je ne la regrette , quelque beaux qu’ils soient. Vous m’avez bien guérie de ma prédilection pour l’été et je pense à présent comme mon gros Merlou. Mandez-moi si vous êtes contente de lui, c’est-à-dire de tout ce qui le concerne ; comment madame sa mère se trouve-t-elle de la campagne? je vous prie de la faire ressouvenir de moi. Votre vieux enfant est-il aimable? ne vous tourmente-t-il point*? Enfin, ma chère amie, je veux savoir tout ce qui vous intéresse. »

d. L’arrct du 8 juin 1763, par lequel le parlement de Paris interdit provisoirement l’inoculation, jusqu’à ce que la faculté de médecine et la faculté de théologie aient prononcé.

2. Il s’agit ici du père de M“* de Pailly, qui est dans ce moment avec elle au Bignon chez le marquis de Mirabeau.

JI/“* de Pailly à la comtesse de Rochefort.

« Du Bignon, 12 juillet 1763.

» Trouvez bon, madame la comtesse, que je commence par vous embrasser de toute mon âme. C’est la meilleure manière que je connaisse pour vous exprimer les sentiments dont je suis remplie, et pour vous remercier de votre bonne lettre du 4. Les gens du Limousin* nous portent toute sorte de guignon. Pour avoir leurs lettres dont nous ne nous soucions guère, et qui nous soucient pourtant beaucoup, on a arrangé les courriers de façon que nous n’avons de nouvelles de Paris qu’une fois la semaine. Jugez, si vous n'aviez pas eu la bonté de me faire proQter de votre moment de loisir pour me donner des vôtres, où j’en serais? Notre ami en a eu de l’excellence même (du duc de Nivernois), qui nous font juger que vous êtes restée tranquille à Saint-Maur. L’idée que vous reviendriez si brusquement à Paris me faisait déjà griller les pieds.

» Vous, avez vu par la demi-feuille de la grande épitrequi vous a été adressée la belle attente où nous sommes. Nous ne saurons que demain si cette ambassadrice d’extravagance est arrivée *. Après avoir bien ruminé, nous croyons qu’elle ne vient à Paris que pour y être malade et demander que sa fille vienne la soigner. En attendant, les bons conseils seront suivis. Mais, si la dame devenait assez pressante pour déterminer son gendre à l’aller joindre à Paris, il irait seul et nous resterions tons ici pour ganler notre maman qui se porte à merveille *. Elle m’a chargée de vous remercier de votre

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