‹ La comtesse de Rochefort et ses amisChapitre 14 sur 47 · C’est-à-dire la marquise de Mirabeau et sa mère · texte numérisé non relu

C’est-à-dire la marquise de Mirabeau et sa mère

2. Pour expliquer ce passage, il faut dire que le marquis do Mirabeau vient d’apprendre au Bignon que sa belle-mère la marquise do Vassan arrive en personne à Paris pour plaider la cause de sa fille auprès des ministres, contradictoirement avec son gendre.

3. On doit noter l’aplomb avec lequel M“* de Pailly parle à M”" de Rochefort de notre maman, c’est-à-dire de la ibère do son ami, absolument comme si elle était la femme légitime de celui-ci.

souvenir et de vous dire tout ce qu’olle sent bien vf^ritablem^t pour vous, ainsi que la petite comtesse (la bolle-smnr du marquis de Mirabeau), qui vous présente ses respects. Elle est du plus aimable caractère du monde. Nous vivons tous ici comme des enfants bien gais, bien unis et bien gâtés. Je laisse au gros Merlou le soin de vous rendre compte de nos travaux et de nos joies champêtres. U prétend qu’il est importuné do ce qu’il ne peut pas même entrer dans la chambre de sa mère sans y entendre rire comme des fous. Il n’est pourtant pas celui à qui ce régtmfr-lâ soit le moins nécessaire. Ce n’est que les jours de oourrier que nous raisonnons. Vous nous en avez donné une ample matière au sujet de notre pauvre ami Gatti. Est-on biert sûr que c’est la petite vérole qui est venue à cette petite fille? Tous ceux qui sont à portée d'en juger sont bien suspects, Jl y a tant de maladies de peau qui peuvent donner occasion à de faux jugements. Je voudrais bien que le docteur eut été assez libre quand il a reçu la terrible lettre de SI“'<= de Roncherolles pour avoir pu prendre la poste dans l’instant et être venu juger lui-même d’un événement qui sera d'une si grande conséquence pour sa réputation, surtout dans la circonstance présente. S’il est abandonné aux discours des médecins comptez qu’il ne passera plus que pour un aventurier et un charlatan. Cette idée le poursuivra partout et le rendra très-malheureux. Voilà ce qui me touche le plus. Le pauvre garçon, si honnête pour les autres, ne recevra que des avanies du public et sera hors de portée de jouir de ses amis qui le dédommageraient du moins. Je n’ai aucune nouvelle de lui. Vous savez qu'il n’écrit point, même aux gens qu’il aime le mieux. Vous serez plutôt instruite que nous de tout ce qui le concerne. Ayez la bonté de continuer à nous en faire part. Malgré son discrédit actuel, ma foi en lui est toujours entière, et, quand je ne lui devrais que le bien qu’il m'a fait en vous, c’en serait assez pour que je lui fusse dévouée éternellement. Il est de toute vérité que les plus grands bienfaits qu’on puisse me procurer sont le conlentemeui des amis de mon cœur. »

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On vient de lire, dans cette lettre à propos de l’arrivée de M"‘® de Vassan à Paris, ces mots : t Les bons conseils seront suivis. » Ces conseils sont ceux du duc de Nivernois, auquel le marquis de Mirabeau a demandé des instructions en lui annonçant l’arrivée de sa bellemère; on ne sera peut-être pas fâché, de voir l’ambassadeur qui vient de négocier la paix de 1763, intervenir dans les démélés de l’Ami des hommes avec sa femme et sa belle-mère, et lui prescrire l’attitude diplomatique qu’il convient de garder avec cette dernière.

Le duc de Nivernois au marquis de Mirabeau.

« Paris, 4 juillet 1763.

» Mon cher ami, j’ai reçu hier en revenant de Versailles votre lettre du 30, dont je vous remercie bien tendrement. Elle est charmante jusqu’aux six dernières lignes; mais ces six-là en gâteraient six mille autres. Je me hâte de vous donner mon avis pour le cas de l’arrivée de cette dame. Je ne crois pas que vous deviez venir à Paris d’abord ; il faut attendre et voir venir comme au quadrille, apprendre par elle son arrivée, être retenu chez vous par des affaires ou par la santé de madame votre mère, et écrire à cette dame une lettre bien polie. Voilà quant à la conduite directe vis-à-vis d’elle, et, quant à la conduite à l’occasion d’elle etde ce qu’elle pourra faire et dire, voici ce que je pense. Je voudrais que vous écrivissiez au ministre ‘, à Compiègne, que vous lui fissiez le détail de ce qui se passe, que vous le prévinssiez de l’arrivée de la dame, et que vous le prémunissiez d’avance contre ce qui pourra lui être dit et demandé et raconté et représenté de ce côté là. Voilà, mon cher ami, ce que j’imagine que vous pouvez faire qui vous commettra le moins et

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