A GL A É
Voilà donc votre, élixir!... Alcidor, votre bonne foi me décide, votre constance triomphe. Je vous vois déjà rajeuni, et cette jeunesse sera éternelle , puisqu’elle a sa source dans ma tendresse.
ALCIDOR.
Oui, charmante Aglaé, ces paroles sont pour moi le vrai baume de l’immortalité.
ZERBINETTE.
Les choses se simplifient bien cruellement. Voilà donc cette pierre philosophale que ce coquin de Raymond m’a dit que
Digilized by Coogle
VOUS nous donneriez pour présent de noces. Le beau fonds, ma foi, pour élever des enfants!
AGLAÉ
Quoi ! cette Zerbinette si fine a été attrapée, tandis que je ne l’ai pas été, moi qu’on regarde comme une innocente, comme un enfant.
ZERBINETTE.
J’y avais une répugnance, que tout le grand esprit de mademoiselle votre sœur n’aurait pas surmontée; mais Raymond me fournissait un garant irréprochable auquel je me suis rendue.
AGLAé.
Quel garant?
ZERBINETTE, montrant un louts d’or.
Le voilà.
ALCIDOR.
Soyez sûre, chère Zerbinette, que cet échantillon ne sera pas trompeur. Gardez le secret jusqu’à la conclusion, la vie de Zadig et la mienne en dépendent, notre reconnaissance sera pour vous et pour Raymond une mine d’or inépuisable.
AGLAÉ
Puis-je souffrir, Alcidor, qu’on' abuse à cet excès de la crédulité de ma sœur?
ALCIDOR.
Quel vain scrupule ! Zadig n’est-il pas digne d’elle ? N’est-ce pas travailler au bonheur d’ismène que d’assurer leur union. Un amour si légitime ne peut-il pas s’aider des faiblesses du caractère pour triompher d’un caprice?
AGLAÉ
Non , je ne serai point votre complice, je veux la détromper.
ALCIDOR, St mettaat à ses genoux. ^
De grâce, divine Aglaél