‹ La comtesse Hortensia (volume 2)Chapitre 8 sur 66 · GHAIST DU TASSE A SORRENTE · texte numérisé non relu

GHAIST DU TASSE A SORRENTE

Fleurs qu'adore La beauté; Ciel que dore La gaité ; Loin des villes, Frais asiles, Flots tranquilles, C'est l'été!

Lune pleine, Mer qui luit, Tiède haleine Qui la suit; Sous la treille Douce veille Sans pareille.

C'est la nuit!

LÀ COMTESSE HORTENSIA.' Vol

Feu qui dore Tout séjour, Et dévore Chaque jour;

Deuil et loto Dans 1 1 teto Du poëte, C'est l'amour!

Le chœur s'éloigna, descendit jusqu'au palais Mari, et remonta la rue de Marbre jusqu'au Garlo-Felice.

— Quelle nuit! quelle fête! quelle extase! disait de Mersanes; l'amour est partout; l'air est plein de ses caresses ! Est-ce du poison ou du bonheur que je respire ici, moi? est-ce la vie ou la mort?

— Suivez-moi, dit Fabiano en lui serrant la main. Ils marchèrent silencieux dans San-Ciro, et ils ne

s'arrêtèrent même pas sur le seuil de la maison Viani, car la porte était ouverte.

Fabiano prenait ou feignait de prendre les plus grandes précautions pour tromper la vigilance des domestiques; mais il était venu le matin montrer l'ordre de Viani à son intendant, et cet ordre écrit lui ouvrait, comme on sait, la maison et le jardin, de sorte que l'on peut croire que l'absence des domestiques avait encore été combinée par lui. Fabiano et Anatole entrèrent donc dans le jardin avec autant de facilité que s'ils an eussent été les propriétaires : ils traversèrent les allées sombres et se blottirent dans un massif de jasmins à côté de la grille du jardiû Braschi.

— Comte Fabiano, dit Anatole à voix basse, il me vient une idée étrange, et je suis obligé de vous la communiquer.

— Voyons ! dit Fabiano.

— Je pense qu'il vous serait facile de m'assassiner cette nuit si vous le vouliez.

— Certainement, vous avez raison; la chose me serait facile; êtes-vous armé, vous, comte Anatole?

— Non

— Eli bien! je suis armé, moi ! comte de Mersanes ; ■vous voyez bien qu'il m'est facile de vous tuer.

Fabiano tira un poignard de sa ceinture et le lança dans un bassin.

— C'est à moi, maintenant, à vous faire des excuses, dit Anatole; mais aussi, quel est l'homme à ma place qui ne donnerait pas audience à mille soupçons? J'aime mieux soupçonner toute chose que la conduite scandaleuse de cette femme l

— Silence ! vos doutes vont finir.

Un horrible battement de cœur supprima la respiration du comte de Mersanes. Une porte s'ouvrit sur la terrasse de la maison Braschi, et la plus douce des voix résonna mélodieusement dans le silence du jardin et le calme de la nuit.

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