‹ La comtesse Hortensia (volume 4)Chapitre 3 sur 5 · A. MONTENERO · texte numérisé non relu

A. MONTENERO

De Mersanes ressemblait à un tiadatre qui aurait pris son visage et qui^ en ressascitant> autait gardé la pâleur de la lûort et deux tisoùs de Tenfe^ date ses yeux. Sa taille^ grandie par une colère sublimé^ seinblait surnaturelle; un rugissement aigu soirtait de sa poitrine^ et ses bras éleva au-dessûs de isa lèfê ft'agitaient avec dès convulsions t^pldes comme deiii tronçons de serpent boa.

•ui Pas un cri, pa* un mouvement, paâ^ un ^estèl dît41 avec une voit surhumaine. J'ai amené aV6(ï moi sii hommes du Bairgello pour éviter le crime d'tin coup de poignard. Vous êtes mon prisonnier, Pabiano, jusqu'à l'aurore.

Ces six hommeâ du Bàr^llo, dont parlait Anatole, étaient un mensonge de nécessité.

Le démon sicilien, écirasé d'abotd par cette foudi^yàHte àppaiition, retrouva bientôt soù audace, et croisaùt les bras sur sa jpoitrine :

— C'est admirable, monsieur 1 dit-il; je n'aurais jamais cru qu'un gentilhomme de votre natiôîi répondrait à une Inàulte par un lâche guet-apem ! Mettez le comble à votre héroïsme, monsieur, assaiftiuez-moil

Un soutire de spectre précéda la réponse d'AnaMe.

— Comte Fabiano, dit-il, vous osez parieÉ de guetapens, ici, en présence de cette noble datoe que tos machinations infernales ont conduite dans ce AéÊM, et sur laquelle vous leviez des mains violentes!

— £h bienl monsieur, ai vous êtes le champion dft

madame^ votre courage de Français aurait dû vous dicter quelque chose de mieux que Tidée d'un lâche guet-apens : je répète le mot.

— Je connais mon devoir^ monsieur, et si vous connaissez le vôtre en ce moment^ vous garderez le silence^ et vous respecterez la douleur de cette noble femme qui succombe sous tant d'émotions.

— Comte de Mersanes^ je me tais toujours quand j'attends un défi après une insulte.

— C'est bien, monsieur.

La comtesse Hortensia, renversée sur un fauteuil, et tenant à deux mains le portrait de sa fille, accompagnait cette scène de ses sanglots. Elle poussa un en déchirant et s'écria :

— Et ma fille! ma fille! qui me la rendra?

— Madame, dit Anatole, il m'est prouvé que votre enfant est au pouvoir de cet homme ; mais cet honmie est en mon pouvoir. Ainsi , madame , rassurez-vous ; nous sommes dans un pays de forte et bonne justice, elle vous sera rendue. Moi, je ne vous quitte plus, comte Fabiano, et lorsque vous aurez rendu l'enfant à sa mère^ je vous rendrai votre liberté. Ce sera moi alors qui me mettrai en votre pouvoir.

— Comte de Mersanes, dit la comtesse d'une voix mourante, vous n'avez aucune satisfaction à donner.

— Pardonnez-moi , madame, dit Fabiano avec un calme d'emprunt très-bien joué; bien avant cette scène, le comte de Mersanes a été insulté par moi, et je jQdaintiens mon insulte en présence d'une femme.

*— Je vous comprends, comte Fabiano, dit Anatole en mesurant son adversaire de la tète aux pieds ; vous êtes un spadassin sicilien, homme de longue épée et de bravoure courte, et vous croyez vous tirer d'afikire avec un duel. Eh bien! je vous déclare que je ne me battrai pas. Mon sang et ma vie sont au service de cette noble dame qui n'a que moi pour appui.

La comtesse serra les mains du jeune homme.

— Madame^ ajouta de Mersanes^ laissez-nous seuls ici; vous avez besoin de repos... Retirez-vous, madame, au nom du ciel et de votre enfant I

Hortensia ouvrit la porte d'un appartement voisin, en témoignant par ses gestes toute sa reconnaissance; et les deux hommes, un instant après, restèrent seuls.

De Mersanes, qui n'avait pas quitté son poste d'observation à la distance d'un bras de Fabiano, dit à voix basse, mais ferme :

— Soyez tranquille, monsieur, je me battrai.

— Nous verrons, dit froidement le Sicilien.

— Pas un mot de plus!

Le jour ne tarda pas à paraître. Les cloches sonnaient, les villageois d'Ëmpoli et de Ponto-d'Ëra passaient en chantant sur la route qui longe l'Arno; les jardiniers des fermes voisines s'acheminaient vers la ville. La maison était tout animée par les bruits extérieurs. C'était l'heure joyeuse où l'on ne craint plus ni les fantômes, ni les assassins.

— Vous pouvez renvoyer vos sbires au Bargello, dit Fabiano; voilà le soleil.

— Je n'ai pas de sbires avec moi; il m'était permis de vous tromper, monsieur, pour arrêter un poignard dans votre main ; je sais que vous ne marchez qu'avec lui. C'est vous, monsieur, qui avez amené votre sbire avec vous, et il va me servir.. . Voici une plume, de l'encre et du papier, écrivez sous ma dictée, monsieur... écrivez, ou de cette croisée j'appelle tout ce monde d'honnôtes gens qui passent, et je voua -fais traîner pieds et poings liés à BuonrGoverno!... Vous êtes pris dans vos propres pièges! Si l'enfer vous inspire vos combinaisons pour le mal. Dieu m'inspire les miennes pour le bien I Vous êtes vaincu, Fabiano I

Le poil se hérissa sur la lèvre de Fabiano, et un râle de tigre silHa à travers ses dents serrées.

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