‹ La Comtesse Pauline de BeaumontChapitre 15 sur 97 · Journal ù" 'Jachaumont (année · texte numérisé non relu

Journal ù" 'Jachaumont (année

. Archives nationales, inventaire Montrnorin; papiers séques-

rue Plumet s'élevaient à 52,835 livres. L'écurie, qui était de onze palefreniers et de vingt-quatre chevaux, dépensait 24,000 livres; les mémoires particuliers des gens, c'est-à-dire les dépenses de poche, montaient à 8,000 livres; le blanchissage à 6,000; enfin, l'entretien personnel des maîtres de la maison et le jeu de la reine coulaient 80,000 livres au minimum. On lit, dans l'inventaire, que madame de Beaumont avait, en outre, une voiture et une livrée, que son trousseau avait coûté 25,000 livres, qu'elle dépensait 7,000 écus par an pour sa bibliothèque et ses reliures. Sa sœur, madame de la Luzerne et elle, recevaient chacune, pour leur entretien personnel, une renie annuelle de 18,000 livres.

En dépouillant ces précieux papiers, un petit lait parait touchant à signaler. Dans une lettre à Joubert, de mai 1797, madame de Beaumont lui demande l'adresse d'un libraire. Elle voulait absolument se débarrasser d'une édition de Voltaire trop volumineuse; sa seule prétention était d'emporter un moindre poids en voyage. « Vous l'offrir après cet aveu, disait-elle à son ami, c'est s'y prendre aussi spirituellement que cet homme qui apportait un panier de prunes à son curé, L'assurant que

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cochons n'en voulaient plus. N'importe, si ce n'est de bonne grâce, c'est de bon cœur que je vou? l'offre. » Ce n'est pas sans émotion que nous avons lu la quittance de 850 livres pour deux exemplaires désœuvrés de Voltaire achetés directement à Beaumarchais, l'un destiné à madame de Beaumont, l'autre à son père.

Pour faire face à un pareil état de maison, le comte de Montmorin, en dehors de ses appointements, s'élevant à 300,000 livres, y compris les gratifications, n'avait que 80,000 livres de rente qu'il louchait de ses intendants. Pour se rapprocher de ses amis, Megret d'Etigny et de Sérigny, u venait de leur acheter, moyennant la somme de 730,080 livres, la propriété de Theil, non loin de- Sens, tout près de Passy-sur-Yonne. Une aussi mauvaise administration conduisait infailliblemen à la ruine, si la cassette royale n'eût pas été une ressource. Chacun des époux louchait en effet sur le Trésor une pension annuelle de 18,000 livre* environ1.

La comtesse de Montmorin, très ambitieuse pour sa famille, désirait que son mari obtînt le titre de duc héréditaire. La demande, conservée aux Archives,

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