Lettres de madame de Beaumont des 7 et 9 septembre
368 LA COMTESSE PAULINE DE BEAl'MONT.
il tournait de tous les côtés son imagination pour chercher quelques soulagements à la malade. Ii répétait pour la centième fois, à celle dont l'ardeur allait gaspiller ses derniers jours, que la vie est un devoir, et qu'il faut attiser ce feu sacré, en s'y chauffant de son mieux, jusqu'à ce qu'on vienne nous dire : « C'est assez! » Il était tenté de se fâcher, voyant à quel point Pauline était aimée de *es amis, et combien elle le croyait peu. Il attendait avec impatience et inquiétude sa dernière décision, le reposa Villeneuve ou le voyage à Rome Cène fut pas la raison qui l'emporta. Ballanche, qui la reçut à Lyon, prévint Chateaubriand. Il lui mandait qu'un malheur immédiat n'était pas à craindre et que l'état de la malade paraissait s'améliorer. Elle partait pour l'Italie, et, le 1er octobre, elle était à Milan. Elle s'efforça de rassurer Joubert, lui affirmant qu'elle était arrivée en meilleur état qu'elle ne l'espérait, quoique extrêmement fatiguée. Son cœur était si triste1! Chateaubriand n'avait pu venir jusqu'en Lombardie à sa rencontre; mais il lui avait envoyé un compagnon sûr, respectueux et discret, M. Bertin l'aîné. Chassé de Paris en vertu d'un ordre arbitraire, relégué pen-