‹ La Comtesse Pauline de BeaumontChapitre 81 sur 97 · Mémoires d'oui re-lombe · texte numérisé non relu

Mémoires d'oui re-lombe

ambassadeur dans cette Rome, qu'il n'avait pas revue. C'était madame Récamier qui réglait alors sa vie. Il reprit la route de Pérouse, le chemin de sa jeunesse, dans le temps où il trouvait le climat encore trop rude pour la malade et où les brises lui semblaient des tempêtes1. Le remords de tous les oublis vint l'assaillir. A. Terni, où il s'arrêta, il n'entendit plus la voix mélancolique qui disait : 77 faut laisser tomber les flots! Et, quand il rentra dans Rome, les monuments lui parurent moins parfaits. Le tombeau qu'il avait élevé n'avait pas été entrelenu. M. Pasquier, dans un voyage en Italie, l'avait heureusement fait réparer; madame de Duras, en 1822, était allée visiter la chapelle. Que d'années de solitude et de silence avaient passé, lorsque Chateaubriand retrouva, en 1828, le monument élevé à celle qui avait été pour lui si douce, et qui avait été l'âme d'un monde évanoui2 ! Que lui dit-il en appuyant son front presque sexagénaire sur le bas-relief bruni par l'abandon?

Et Joubert? nous n'avons plus parlé de lui depuis ce fatal voyage de Rome, qu'il n'avait pu empêcher, et qui l'avait mortellement affligé. La

1 • Lettre à madame Récamier, 1 1 octobre I

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