SCENE PREMIÈRE SÉVERAG, FROSSARD
SIÎVKHAC, accoudé à la cheminée, regardant par la glace sans tain dans le salon du fond.
Elle passe gracieuse et légère au bras de son dai>.seur... OuPlle animation sur son visage!.. Quelle gaîté ilans ses yeux!.. Qu'ils sont heureux, ceux qui peuvent librement s'approcher d'elle, parler, rire, essayer de lui plaire, et se griser du parfum de sa beauté.
FUOSSAKD, entrant et allant à lui.
Bonjour, Séverac... Qu'est-ce que tu fais là, comme un songe-creux? C'est la comtesse que tu regardes danser, et cela t'absorbe à ce point-là ?
SKVKRAC.
Non, je pensais à autre chose et je regardais sans voir... Mais la répétition est commencée... et tu es en retard...
F lîOSSAKD.
En retard ! .Mon cher, il est cinq licures, pI lu Journée d'un notaire ne Unit qu'au moment où l'on dine...
Il m'a fallu, pour échapper à mes nombreux clients, passer par l'escalier de service, comme pour entrer dans ces appartements, faire de longs détours. Où sommes-nous ici?
SÉVERAG,
Dans le petit salon de la comtesse.
FUOSS ARD.
Sanctuaire réservé?
SÉVERAG.
Ordinairement... Mais aujourd'hui l'hôtel est à sac.
FROSSARD
Ce sont les Pompéran qui mettent tout à l'envers, n'est-ce pas? Ce charmant petit ménage aurait trouvé moyen d'organiser une fête sur le radeau de la Méduse.
SÉVERAG.
Et d'y donner à souper.
FROSSARD
Du reste, la comtesse n'est pas ennemie d'une douce gaité, et le général ne dédaigne pas de fredonner une aimable romance sur son vieux luth! (il chante.) Bouton de rose... 1812, répertoire de Garât.
SÉVERAG.
Frossard f
FROSSARD
Oui, mon bon... Tu sais que je l'aime bien, ton chef... mais il est d'une jeunesse qui m'iiumilie.
SÉVERAG.
Il est d'une bonté qui devrait te désarmer.
FROSSARD
Oh ! si on ne peut pas parler du comte, alors, parlons delà comtesse... Ce n'est pas sa bonté à elle, que tu vanteras, car sapristi, elle ne te gâte pas.