‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 35 sur 105 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

FROSSARD

Le général, sans doute, s'y oppose

MADELEINIC.

Non... Le général, il y a un mois, quand je suis sortie, a fait tout ce qui dépendait de lui pour entrainer Blanche à me suivre. Son deuil était terminé, rien ne la retenait plus dans la retraite.

FRO>SARD

Que sa vocation.

MADELEINE; sonriant.

Oh ! sa vocation ! Elle n'a jamais été bien réelle. Elle était faite de timidité, d'indolence et d'habitude... Nous avions toujours vécu là... 11 y a un grand jaivlin plein de Heurs et d'oiseaux... Mais voilà que je n'y suis plus.

FROSSARD

C'est une raison.

MADELEINE

Et puis, il y en a une autre, meilleure encore.

FROSSARD

Dites-la moi!...

MADELEINE

Je ne peux pas.

FR0SS.\RD

C'est mystérieux ?

MADELEINE

Si mystérieux que la principale intéressée ne s'en doute peut-être pas elle-mouie.

FROSSARD

Ah ! ah !

MADELEINE

Mais une force, qui pour être irraisonnée, n'en sera pns moins irrésistible, la ramènera dans le monde, vous verrez.

PROSSARD.

Tant mieux ! une héritière de cinq cent mille francs ie rente n'est pas faite pour le célibat... Voilà mon opinion!..,

MADELEINE, étourdiment.

Et peut-être la sienne.

FROSSARD, gaîment.

Ah!

MADELEINE

Je n'ai rien dit!

FROSSARD

Ne craignez rien 1 Un notaire est un confesseur ! (a Madeleine.) C'est égal, mademoiselle, nous voilà de moitié dans un secret: ça engage...

MADELEINE

A quoi?

FROSSARD

A être bons amis!

MADELEINE, gaîment.

Ahl très volontiers.

Ils se donnent la main. MER LOT, paraissant derrière eux.

J'en étais sûr !

MADELEINE

Mou père! (Elle salue Frossard.) Excusez-mol, monsieur!

Elle se sauve.

Page 1