‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 36 sur 105 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

FHOSSARD.

Je le crois bien, (a Meriot.) Colonel, croyez...

Silence, monsieur. Les jeunes filles, c'est sacré.

FROSSARD

Oui.

MERLOT

Je vous apprendrai à vivre, moi !

FROSSARD

Oui.

MERLOT

Je vous couperai les oreilles.

FROSSARD, essayant de résister.

Ah! mais...

MERLOT

Assez ! demi-tour !

FROSSARD, dominé.

Oui, colonel.

Il sort par le fond.

LE COMTE, descendant.

Eh bien! tu tourmentes encore ces pauvres enfants?

MERLOT

C'est ce blanc-bec qui se permet de faire la cour à ma fille.

LE COMTE

Il a bien raison. Et toi, tu seras bien à plaindre quand tu auras pour gendre un aimable garçon qui a une fortune magnifique,

MERLOT

Je ne peux pas le sentir !

LE COMTE

Pourquoi ?

Pourquoi? Je n'en sais rien! Et c'est ce qu'il y a de pis.

LF. COMTE.

Allons, n'empoisonne donc pas à plaisir ta vie et celle des autres, épanouis-toi une fois par hasard, et ne fais pas mauvaise ligure à cette jeunesse. C'est si beau d'être ardent, passionné, de ne pas avoir de rides sur le front ni de cheveux gris sur la tète, et de pouvoir encore chanter, danser et rire. Nous qui sommes vieux, soyons indulgents et jouons notre rôle de papa en conscience, préparons les plaisirs de ces charmantes femmes, etd^cesaimables garçons : qu'ils dépensent, c'est nous qui paierons! Bien heureux si, à ce prix, ils nous tolèrent au milieu d'eux, et nous permettent, du spectacle de leur joie, de nous faire encore du bonheur.

MERLOT

Eh ! Chacun, son tempérament ! Je ne suis pas un galantin, moi, un soldat Watteau, un général en pâte tendre... Je suis un vieux dur à cuire... Je n"aime pas qu'on se moque de moi!... Et si ce petit rien du tout continue à tourner autour de ma fille... sacrebleu! nous verrons!

LE COMTE

Grognon, va !

MERLOT

Grognard ! si tu veux bien !

Le comte remonte au fond. Séverac et Hector en CHUsant sont descendus en scène.

S AR AH, ea scène.

Eh bien! Hector, comniençons-nous le menuet?

HECTOR

Mais comtesse, nous ne sommes pas en nombre... La

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