ACTE DEUXIÈME
FHOSSARD.
Je le crois bien, (a Meriot.) Colonel, croyez...
Silence, monsieur. Les jeunes filles, c'est sacré.
FROSSARD
Oui.
MERLOT
Je vous apprendrai à vivre, moi !
FROSSARD
Oui.
MERLOT
Je vous couperai les oreilles.
FROSSARD, essayant de résister.
Ah! mais...
MERLOT
Assez ! demi-tour !
FROSSARD, dominé.
Oui, colonel.
Il sort par le fond.
LE COMTE, descendant.
Eh bien! tu tourmentes encore ces pauvres enfants?
MERLOT
C'est ce blanc-bec qui se permet de faire la cour à ma fille.
LE COMTE
Il a bien raison. Et toi, tu seras bien à plaindre quand tu auras pour gendre un aimable garçon qui a une fortune magnifique,
MERLOT
Je ne peux pas le sentir !
LE COMTE
Pourquoi ?
Pourquoi? Je n'en sais rien! Et c'est ce qu'il y a de pis.
LF. COMTE.
Allons, n'empoisonne donc pas à plaisir ta vie et celle des autres, épanouis-toi une fois par hasard, et ne fais pas mauvaise ligure à cette jeunesse. C'est si beau d'être ardent, passionné, de ne pas avoir de rides sur le front ni de cheveux gris sur la tète, et de pouvoir encore chanter, danser et rire. Nous qui sommes vieux, soyons indulgents et jouons notre rôle de papa en conscience, préparons les plaisirs de ces charmantes femmes, etd^cesaimables garçons : qu'ils dépensent, c'est nous qui paierons! Bien heureux si, à ce prix, ils nous tolèrent au milieu d'eux, et nous permettent, du spectacle de leur joie, de nous faire encore du bonheur.
MERLOT
Eh ! Chacun, son tempérament ! Je ne suis pas un galantin, moi, un soldat Watteau, un général en pâte tendre... Je suis un vieux dur à cuire... Je n"aime pas qu'on se moque de moi!... Et si ce petit rien du tout continue à tourner autour de ma fille... sacrebleu! nous verrons!
LE COMTE
Grognon, va !
MERLOT
Grognard ! si tu veux bien !
Le comte remonte au fond. Séverac et Hector en CHUsant sont descendus en scène.
S AR AH, ea scène.
Eh bien! Hector, comniençons-nous le menuet?
HECTOR
Mais comtesse, nous ne sommes pas en nombre... La