‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 47 sur 105 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ai fait la guerre, c'est que vous preniez des airs de rebelle... Je suis très gâtée : tout le monde m'obéit... excepté vous... Et, peut-être, ètes-vous justement celui dont la sympathie m'eût été la plus précieuse. (Avec dépit. j Mais je vois qu'il y faut renoncer. Ma maison vous déplaît, ou plutôt vous vous plaisez mieux ailleurs. (Brusquement.) Quc faudrait-il doucpour vous accaparer à mon tour?

SÉVERAC, très doucement.

Rien.

s ARA H.

La lutte est-elle impossible ? Et dois-je être sûremeut vaincue? J'ai donc une rivale bien redoutable?

SÉVERAG.

Oui, madame.

SARAH, avec dédain.

Quelle est-elle ?

SÉVERAC, doucement.

Ma mère, qui est âgée, et qui n'a plus que moi au monde.

SARAHj avec émotion.

Pardon ! (Elle se lève.) Vous avez eu raison de me parler comme vous l'avez fait. Et moi, j'ai été sotte et méchante. Je comprends maintenant votre caractère et je vois le cas qu'il faut faire de vous. Je suis contente ! J'avais été injuste. Et, tout à l'heure, je vous ai offensé, soyez assez généreux pour l'oublier.

SÉVERAG, très humble.

Je n'aurai pas grand effort à faire, madame, et me voilà maintenant en reste avec vous.

Tant mieux! car j'ai beaucoup à obtenir. Le général m'a dit que vous resteriez auprès de lui, si je vous le

demandais. Pour que vous lui fassiez celle joie, faul-il que je vous en prie?

SÉVERAC

Un mot doit suffire, madame ; j'obéirai.

SARAH

Bien, pour le général. Maintenant, pour moi. Une explication, comme celle que nous venons d'avoir, devait conduire ou à une rupture définitive ou à une réconciliation sincère. Vous nous restez, il faut donc que nous soyons amis.

SÉVEHAC, avec beaucoup d'embarras.

Madame...

.T'ai besoin qu'on me conseille et peut-être que l'on me gronde. Le comte ei-t trop indulgent; vous, vous êtes sévère. Prenez de l'autorité sur moi, vous me rendrez service. Le voulez-vous? {Elle lui tend la main, il ne la prend pas, et reste immobile et muet.) VûUS ne répondez

pas?

SÉVERAC, avec fermeté.

Il m'est impossible d'accepter le rôle que vous m'offrez.

SARAII.

Parce que ?

Prenez ma réponse telle quelle est, et ne me forcez pas à m'expliquer.

SARAH, avec animation.

Qu'auriez-vous donc à me dire ? J'exige que vous parliez. Lorsque je vous tends fraternellement In main, pourquoi ne l'acceptez-vous pas ?

SÉVERAC

Parce que... (il &'arrête, puis avec force.) Parce que l'amitié que vous avez rêvée serait pour vous et doui

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