‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 72 sur 105 · ACTE TROISIF.ME lOi · texte numérisé non relu

ACTE TROISIF.ME lOi

St;VE H AC, voulant l'arrêter.

'J'ais-toi!

LE COMTE

Continuez.

Il m'ailitque s'appelant Sévei'ac tout court, n'ayant «(u'un mince patrimoine, il n'osait prétendre à la main le cotte jeune fille... Et que ne voulant pas s'exposer ù un refus, il préférait s'expatrier et vivre ou mourir loin d'elle. Moi, j'ai conibittu ses scrupules, je l'ai prer^sé de questions, et, poussé à bout, il m'a avoué que celle qu'il aimait...

SÉVERAG

Frossard !

FROSSARD

Eh! mon cher, à quoi bon hésiter? Maintenant, ici, tout le monde sait à quoi s'en tenir. Donc, général, conmie il voulait partir demain, je lui ai prouvé qu'il était in'sensé et je l'ai ramené au château... L'usagt-, (juand on aime, est de s'adresser à la famille de la jeune liUe. Or, comme on avait un peu peur de vous, on s'est adressé à madame la comtesse. Et, si Vi colonel Merlot, avec sa fougue un peu incon.'^idérée, n'avait pas bouleversé tous nos plans, vous auriez appris demain, très paisiblement, ce qu'on a été obligé de vous dire ce soir sous le coup des plus terribles menaces Voilà!...

Il s'essnie le front.

LE COMTE, impassible.

C'est-à-dire?...

FROSSARD, uvec fermeté.

ôu"il aime mademoiselle de Cygne.

S\R.\H, oubliant tout ce qui l'entoure et se parlant à elle-même avec rage.

C'était Blanche qu'il aimait!... Et je n'ai rien vu, moi, je n'ai rioii vul...

lOC LA COMTESSE SARAH

LE COMTE, soupçonneux.

Ainsi, Séverac, quand vous refusiez de rester, e'était parce que vous aimiez mademoiselle de Cygne et que vous n'osiez pas me la demander. Voilà qui a lieu de me surprendre, après les preuves d'affection que je vous ai données. Vous saviez bien cependant que^ pour moi, un soldat tel que vous, allait de pair avec un gentilhomme, et que sa pauvreté se trouvait largement compensée par sa valeur. D'où venait donc tant de timidité ?

SÉVERAC, ému.

Vous m'aviez accablé de vos bontés. Vous êtes si grand, si généreux, que je ne pensais pas...

LE COMTE, avec force.

Vous n'aimez pas sincèrement. Un amour vérita-

table surmonte tous les obstacles. (Se tournant vers Sarah

qu'il tient sous son regard.) Qu'en pensez-vous, Sarah?

SARAH, avec une rage contenue.

Moi?... Mais je pense que tout le monde savait que M. Séverac aimait votre nièce. Tout le monde, excepté ceux qui avaient le plus grand intérêt à ne pas Tignorer... On a fait des mystères. Les amoureux dissimulent volontiers... Quoi de plus charmant que ces secrets! Aimables peccadilles, que l'on commence par absoudre et que l'on finit par récompenser... Car ceux qui se sont laissé tromper, n'est-ce pas, il faut en rire.

J.E COMTE, à Blanche.

ïu as entendu, mon enfant. Tu connais Séverac : son bonheur est dans tes mains. Si je te l'offrais pour

époux? (Blanche tressaille et reste silencieuse.) Est-Ce que lu

refuses ?

BLANCHE

Mon Dieu, mon oncle, vous m'interrogez brusquement devant tout le monde... Vous me demandez de

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