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MECANISME DE LA VISION

que d'une transmission à la peau de l'image rétinienne.

Il a d'ailleurs été observé que la destruction des fibres et des ganglions optiques dans le cerveau a la même action que l'extirpation des yeux, et l'on a enfin démontré que la section des fibres sympathiques qui se rendent aux cellules pigmentaires de la peau empêche également la formation d'une image du fond sur la peau. Ainsi nous connaissons le chemin par lequel l'image rétinienne est amenée jusqu'à la peau des poissons. Un point d'arrêt sur cette route est la terminaison des fibres optiques dans le cerveau. Puisque nous avons pu prouver Texistence d'une image de Tobjet sur la rétine des poissons, puisqu'il est démontré que la figure obtenue sur la peau des poissons est une reproduction de l'image rétinienne, mais non de l'objet même (dans le cas présent, le fond), puisque d'ailleurs la transmission de l'image rétinienne à la peau se fait par l'intermédiaire du nerf optique, il s'ensuit que l'image doit traverser les stations centrales du nerf optique pendant son cheminement vers la peau.

Une image consiste en un certain nombre de points présentant des intensités lumineuses différentes et dont l'arrangement mutuel est défini et caractéristique de l'objet. Sumner a montré que certains poissons sont capables de reproduire sur leur peau des dessins assez compliqués (par exemple, un damier) formant le fond de l'aquarium. La reproduction du dessin est quelque peu imparfaite, mais si nous tenons compte des fac-

teurs secondaires qui la perturbent, le fait reste que les dessins de la peau sont une reproduction assjez acceptable du dessin du fond. Il 3^ a donc un arrangement défini des images des différents points lumineux du fond sur la rétine et un arrangement semblable des images des points lumineux sur la peau des poissons. Nous pouvons considérer chaque point de l'image rétinienne comme un point lumineux ou comme un point excitateur produisant un point-image correspondant dans les ganglions optiques primaires par l'action des fibres nerveuses qui le rel'ent à ces ganglions. Chaque point -image dans les ganglions optiques primaires peut être à son tourconsidérécomme un point lumineux ou excitateur qui, par le moyen d'une fibre nerveuse spéciale, influence, soit un seul, soit un petit groupe de chromatophores de la peau. En raison de ce fait que la rétine est une mosaïque, nous ne pouvons bien concevoir la transmission de l'image rétinienne à la peau autrement qu'en supposant que larrangement relatif de chacun des points est conservé dans les fibres optiques et dans les ganglions terminaux du nerf optique. Dans cette supposition, il doit y avoir dans le ganglion optique primaire une distribution des intensités stimulatrices qui corresponde à la distribution des points-images de la rétine et qui pourra être à son tour appelée une image.

Ces observations faites sur les poissons et les conclusions qu'on en a tirées ici suggèrent l'idée que la vision est une sorte de téléphotographie.

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