‹ La conception mécanique de la vieChapitre 16 sur 35 · III · texte numérisé non relu

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tégeant soigneusement contre toutes sortes de mouvements, il se fait dans rorga,nisme un curieux changement. La plus grande partie — et dans quelques cas toutes les parties — des tiges qui touchent le verre donnent naissance à des racines qui se développent et très rapidement couvrent une large surface du verre. De cette manière, Textrémité apicale de la tige peut

Fig. 27. — Héléromorphose chez Ma ro élis, hydroïde. En a et en h, où les extrémités des tiges touchent le fond de l'aquarium se forment de nouvelles racines ou stolons.

continuer à croître en un organe tout à fait différent, je veux dire une racine. Tout organe qui n'est pas en contact avec un corps solide donne naissance à des polypes. Même la racine principale, si elle n'est pas en contact avec un corps solide, cesse de croître en tant que racine, mais donne naissance à un grand nombre de petits polypes qui apparaissent à l'extrémité de longs pédoncules. La figure 27, que M. Tower a eu l'amabilité de me dessiner, montre une branche qui a formé de cette manière des racines à ges

PRINCIPES DE MORPHOLOGIE PHYSIOLOGIQUE

sommets et des polypes sur ses racines. La tige a touché le fond du récipient avec ses extrémités apicales a etb. A. ces extrémités se sont formées des racines. Du côté supérieur de la racine primitive qui n'était pas en contact avec le verre se développent ensuite de petits polypes. Tout point qui était en contact avec des corps solides a

Fig, 28. — Hétéromorphose chez Pennaria. Un moicv^au a b d"hydroïde a été détaché et placé dans un vase avec de l'eau de mer. Les deux extrémités a et i touchaient le fond du vase. En ces deux extrémités, de nouvelles racines se sont formées.

donné naissance à des racines, et tout point en contact avec l'eau de mer à des polypes.

Ce n'est pas la seule espèce d'hydroïdes où l'on ait obtenu à Woods Hole des formes semblables d'hétéromorphose. Une autre espèce, Pennaria^ s'y montre tout aussi favorable. Dans Pennaria, j'ai réussi à produire à plusieurs reprises des racines aux deux extrémités d'une petite tige qui ne produisait pas de polypes (fig-. 28] *.

1. Dans une Tubulariée, j'ai pu obtenir le résultat opposé, c'està-dire obtenir un animal qui se terminait à ses deux extrémités par

rA CONCEPTION MÉCANIQUE DE LA VIE

Dans ces expériences sur Margelis et sur Pennaria, les organes mis en contact avec des corps solides, s'ils continuent à croître, le font sous forme de racines. Les organes entourés d'eau de tous côtés s'ils continuent à croître le font sous forme de pol)^pes. Chez Margelis^ le contact avec un corps solide joue le même rôle que la gravitation dans le cas A' Ant ennui aria. De quelle manière le contact peut exercer une influence, c'est ce qu'on verra plus loin; mais ici, il faut parler d'un autre point. Chez Anteniiiilaria^ la gravitation non seulement détermine le point d'origine des divers organes, mais encore la direction dans laquelle ils s'accroissent ; la tige, croissant vers le haut, est négativement géotropique ; la racine, croissant vers le bas, est positivement géotropique. Dans Penna-

un polype et qui n'avait pas de racine. Weismann paraît admettre, dans ion Plasma g ertninatif, que ce dernier résultat doit s'expliquer par le principe de la sélection naturelle, en raison de ce qu'ui\ animal sans polypes ne pourrait continuer à vivre ; par suite, il serait impossible de produire des racines aux deux extrémités. Chez Pennaria, cette soi-disant impossibilité se trouve réalisée. On pourrait dire que ces racines dans Pemiaria peuvent ultérieurement donner naissance à des polypes : cela ne s'est pas produit dans le cas spécial que j'ai observé, bien que cela se fasse en règle générale ; mais il en va de même dans le cas de Tuhilaria, où des polypes se forment aussi sur les racines. On pourrait peut-être dire que la formation des racines est dans Pennaria absolument nécessaire pour certains motifs : mais il est exactement aussi facile de produire des polypes aux deux extrémités. Même s'il était possible de mettre ces faits d' accord avec les principes de la sélection naturelle, la morphologie causale ou physiologique n'y gagnerait rien, les causes qui déterminent les formes des animaux ou des plantes étant seulement les diverses formes de l'énergie, au sens où ce mot est employé par les physiciens et n'ayant rien à faire avec la sélection naturelle.

PRINCIPES DE MORPHOLOGIE PHYSIOLOGIQUE

ria, la nature du contact non seulement détermine le point d'origine des divers organes, mais encore la direction dans laquelle ils s'accroissent. Si nous amenons un polype de Pennaria en voie de développement au contact d'un corps solide, le polype commence à croître en s'écartant de ce corps et le nouveau pédoncule devient très rapidement presque perpendiculaire à la partie de la surface avec laquelle il s'est trouvé en contact.

J'ai nommé stéréotropisme cette forme d'irritabilité. Nous pouvons parler d'un stéréotropisme positif dans le cas de la racine et d'un stéréotropisme négatif dans le cas du poh'pe. Ici encore nous pouvons nous demander si le contact avec des corps étrangers qui, dans ces expériences, détermine l'arrangement des divers organes ne peut avoir le même effet dans le développement naturel de l'organisme. Je pense qu'il en est ainsi. Le stéréotropisme négatif force les polypes à s'éloigner en croissant du fond dans l'eau et par suite les parties entourées d'eau ne forment que des polypes. Le stéréotropisme positif force les racines en contact avec le fond à s'y attacher et par suite les parties en contact avec le fond ne donnent naissance qu'à des racines . Ainsi il arrive que, dans les circonstances ordinaires, nous ne trouvons de racines dans cet animal qu'à la base où il touche le fond. Dans d'autres hydroïdes, le point d'origine de divers organes est déterminé par la lumière et dans d'autres encore nous trouvons des relations plus compliquées.

On pourrait penser après ce qui précède que de tels cas d'hétéromorphose ne se rencontrent que chez les hydroïdes, mais il n'en est pas ainsi. Nous en trouvons de pareils chez les Tuniciers. Une ascidie solitaire, Ciona intestinalis, a des taches oculaires autour des deux ouvertures dans la cavité pharyngienne. Si nous lui faisons une incision, il se forme des taches oculaires des deux côtés de la coupure K

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