L'ACTE DE FÉCONDATION PRÉSERVE L'OEUF
non fécondés ; il suffit d'en mettre de grandes quantités dans un tube étroit de verre fermé à la partie inférieure. Les œufs tombent dans le fond du tube, et ceux qui sont tout près du fond ne reçoivent pas d'oxygène, la quantité de ce gaz qui diffuse de Tair dans l'eau de mer étant absorbée parla couche supérieure des œufs. En raison de ce manque d'oxygène, les teufs qui sont au fond du tube ne mûrissent et ne périssent pas ; ainsi l'absence d'oxygène évite aux œufs la maturité et la mort.
Si l'on enlève l'oxygène aux œufs aussitôt qu'ils sont devenus mûrs, on leur conserve encore la vie. A. P. Mathews a répété cette expérience et obtenu les mêmes résultats. Cela prouve que la mort de l'œuf mûr mais non fécondé résulte d'oxydations : en empêchant celles-ci, on empêche l'œuf de périr. La publication de ces recherches a soulevé d'abord quelques objections, basées sur l'emploi du cyanure de potassium dans une partie des expériences. On disait que le cyanure de potassium n'avait alors d'autre effet que de prévenir le développement des bactéries. Toutefois les auteurs qui présentaient cette objection négligeaient le fait que l'absence d'oxvgène produisait exactement les mêmes effets que l'addition de cyanure de potassium, et que le moyen par lequel on obtient cette absence d'oxygène est absolument indifférent, soit qu'on chasse ce gaz par un courant d'hydrogène purifié, soit qu'on mette ies œufs en une masse profonde dont seules les parties superficielles reçoivent assez d'oxygène.
Il est d" ailleurs facile de montrer directemeat que 1 objection indiquée n'est pas valable. On peut facilement porter des œufs d'étoile de mer dans de 1 eau de mer stérile sans y introduire de germes bactériens ; c'est ce qu'on fait dans l'expérience suivante. Les œufs d'une étoile de mer sont divisés en trois lots : le premier est mis aseptiquement dans une série de flacons avec de l'eau de mer stérile, le second dans de l'eau de mer ordinaire sans précautions d'asepsie, le troisième dans de l'eau de mer additionnée d'une abondante quantité d'une culture putride de bactéries qui s'est développée sur des œufs morts d'étoile de mer. Dans les trois cas la mort des œufs mûrs s'est produite dans le même intervalle de temps. Les œufs du premier groupe étaient entièrement stériles, ce qui résulte du fait que, deux mois après leur mort, ils conservèrent leur forme, tandis que dans l'eau de mer ordinaire, les œufs morts furent détruits en quelques jours par l'action des bactéries.
Il est donc certain que la mort des œufs d'étoile de mer non fécondés n'est pas le fait des bactéries, mais bien des phénomènes d'ox3^dation dont ils sontle siège. Si aucun spermatozoïde ne pénètre dans l'œuf, ou si Tœuf n'est pas amené à se développer par un traitement chimique approprié, il périt très rapidement. Si d'autre part, un spermatozoïde pénètre dans Tœuf, celui-ci demeure vivant en dépit du fait que cette entrée du spermatozoïde amène une accélératioi^ des oxydations dans l'œuf. Warburg a observ'e à Naples que dans des œufs d'oursin, la fécondation rendait la