LACTE DE FÉCONDATION PRÉSERVE LŒUF
vitesse des oxydations six fois plus grande qu'elle n'était auparavant, tandis que Wasteneys et moi, nous avons trouvé que pour les œufs d Arbacia à Woods Hole, la vitesse des oxydations est dans ceux qui sont fécondés trois à quatre fois plus grande que dans les autres.
Comment pouvons-nous expliquer que la fécondation conserve la vie à l'œuf? Admettons provisoirement ceci : l'œuf non fécondé contient un poison ou est soumis à un ensemble de conditions défectueuses telles que, si une oxydation se produit, l'œuf doit périr. Dans l'œuf non fécondé, mais mûr, se produisent des oxydations. Le spermatozoïde introduit dans l'œuf entre autres substances quelque chose qui le protège contre l'action fatale des oxydations, et qui lui permet même de supporter sans danger un accroissement d'intensité des oxydations. Nous pouvons dire que l'œuf mûr, mais non fécondé, est comparable à un anaérobie pour lequel les oxydations sont mortelles, et que le spermatozoïde transforme l'œuf en un organisme aérobie.
Si nous comparons les œufs de divers animaux, nous trouvons entre eux de grandes différences, quant aux conditions dont il vient d'être question. Ainsi les œufs de certaines Annélides {Polynnë\ périssent rapidement s'ils mûrissent sans qu'on provoque leur développement, tandis nue les «dfeufs d'oursin peuvent vivre assez long- *^"'""^s p^-orhti, nu'il«5 sort mûrs <^n n'?i pas encore .echèrché â quoi tient cette diffcieiice.
L'analyse du phénomène de fécondation par les spermatozoïdes montre que nous devons y distinguer deux parties différentes qui ont rapport respectivement à l'hérédité et au développement. Les expériences de parthénogenèse artificielle rendent très probable que les deux groupes de substances qui déterminent d'une part les caractères de l'hérédité paternelle, d'autre part le développement de Toeuf sont entièrement différents. Nous ne nous occuperons ici que du second groupe de substances, celles qui provoquent le développement de l'œuf.
L'analyse des causes du développement de l'œuf sous l'influence d'un spermatozoïde a fait voir que celui-ci agit en introduisant dans l'œuf au moins deux substances ou deux groupes de substances. La première de ces substances amène la formation de la membrane, la seconde a pour effet d'immuniser l'œuf contre l'action fatale des oxydations.
J'ai montré dans un grand nombre de mémoires que le fait essentiel qui détermine le développement de l'œuf est une modification de sa surface, qui aboutit fréquemment à la formation d'une membrane. Si, par des moyens artificiels, nous déterminons la formation d'une membrane dans un œuf non fécondé d'oursin, il commence à se développer, mais périt très rapidement, beaucoup plus rapidement que s'il n'avait été exposé à aucun traitement. J'ai pu montrer que cette