III. — L'énigme de la vie
Par « énigme de la vie », tout le monde n'entend pas la même chose. Mais tous, nous désirons savoir d'où vient la vie et ce qu'est la mort, car notre éthique doit être influencée dans une large mesure par la réponse faite à cette c|uestion. Nous ne sommes pas pour le moment capables de dire d'où vient la vie sur la terre. Nous savons que tout être vivant est capable de transformer des aliments en matière vivante, et nous savons aussi que non seulement on peut reproduire artificiellement les composés qui se forment chez l'animal, mais qu'on peut également reproduire au laboratoire, à leur température et avec leur vitesse, les réactions chimiques qui se produisent dans les êtres vivants. La lacune que nous ressentons le plus vivement dans nos connaissances, c'est l'ignorance où nous sommes jusqu'ici de la nature chimique de leurs catalyseurs (enzymes ou ferments). Rien ne fait présumer d'ailleurs aujourd'hui que la pro-. duction artificielle de matière vivante soit eu
dehors des choses que la science peut réaliser. Cette conception ne doit pas être mise en opposition avec l'idée d'Arrhénius que des germes de dimension assez petite sont chassés à travers l'espace par la pression de radiation, et que ces germes, s'ils tombent sur de nouveaux corps cosmiques pourvus d'eau, de sels et d'oxygène, possédant d'ailleurs une température convenable, donnent lieu à une nouvelle évolution d'organismes. Certainement, la biologie retiendra cette idée; mais nous devons, je pense, poursuivre également la solution d'un autre problème qui est, ou bien de réussir à produire de la matière vivante, ou de trouver pourquoi cela n'est pas possible.