‹ La conciliation et l'arbitrage dans la marine marchandeChapitre 8 sur 26 · De 30 à 50% en Oranie · texte numérisé non relu

De 30 à 50% en Oranie

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firont à en indiquer l'importance. Pendant les cinquantecinq jours qu’elle dura environ, le mouvement des navires dans les ports algériens accusa une diminution de 302 bâtiments représentant 195.310 tonnes de marchandises; au cours de la même période, les recettes de l'octroi de mer fléchirent de 336.569 francs par rapport à la période correspondante de l’exercice 1903, tandis que celles des chemins de fer accusaient une baisse de 245.000 francs, somme dont l’importance menaçait l’équilibre du compte de la garantie d'intérêt. L’exportation des principaux produits de la colonie se trouva réduite dans les proportions suivantes, calculées sur la base de l’année 1902 : céréales 27,8%; orge : 19,7%; avoine 24,2%, Pour les vins, la diminution s’éleva à 30,2% sur la campagne de 1908. Enfin, les expéditions de moutons furent supprimées, sauf à Alger, où le freb monta de un à trois francs par tête, alors qu’à Marseille les arrivages tombaient de 80.000 à 6.000 bêtes par semainet.

Mais ces chiffres ne traduisent, en quelque sorte, que les conséquences les plus apparentes de la grève. Il ne faut pas oublier des faits qui, pour être moins frappants, n’en contribuèrent pas moins à paralyser la vie économique de l’Algérie : les retards, pertes, avaries et vols résultant d’un séjour prolongé dans des entrepôts encombrés, les frais anormaux de magasinage, la surélévation du prix .des frets, la gêne des approvisionnements, la pénurie des denrées ali-

1. Ces chiffres sont empruntés avec l'exposé des faits qui les précèdent, au rapport de M. le gouverneur-général Jonnart, en date du 16 novembre 1904 (publié intégralement dans la circulaire n° 231 du 19 décembre 1904 du Comité central des armateurs de France), au rapport déposé par M. Vel- Durand le 17 février 1905 au nom de la commission spéciale des grèves maritimes (J. O., 19 mars 1905, p. 1749 et suiv.), et au rapport de M. Jules Legrand, député, sur le budget spécial de l'Algérie pour 1905 (J. Q., 1905, Documents parlementaires, annexe 2124, IIIe section, chap. II, p. 394).

mentaires (sucre, beurre, fromages, conserves, salaisons, alcools), le défaut de matières de première nécessité (bois, ciment, tissus, colon, papier, etc.) provoquant le chômage de nombreux ouvriers et employés, enfin l’attente énervante et coûteuse des passagers eb l’insuffisance des relations postales. Par ailleurs, la métropole pâtissait, quoique dans une mesure infiniment moindre, d’un tel état de choses; il s'était, en effet, produit sur les marchés français un renchérissement appréciable des produits ordinairement importés, en totalité ou en partie, d'Afrique du Nord. Mais le mécontentement en France ne se pouvait comparer avec l’état d'esprit qui régnait en Algérie. «Partout frappés dans leurs intérêts, ébranlés dans leur confiance, les Algériens réclamaient la sécurité des transports, avec autant de force, si l’on peut dire, que celle de leurs vies et de leurs biens, et ils n'étaient pas éloignés de penser que le Gouvernement la leur devait! » ;

Les grèves des inscrits marseillais avaient tout de même eu un certain retentissement dans l'opinion publique métropolitaine que leur renouvellement inquiétait. Ce reténtissement avait eu son écho au Parlement devant lequel le Gouvernement avait déposé un projet de loi l’autorisant, en cas d'événements ayant pour effet d'interrompre les relations maritimes entre les ports d'Algérie et ceux de la métropole, à suspendre le monopole du pavillon.

Les représentants de la colonie, de concert avec le gouverneur général, venu spécialement à Paris, avaient alerté les pouvoirs publics sur les conséquences désastreuses pour l'Algérie de ces perpétuelles interruptions du trafic maritime franco-algérien. De retour en Afrique du Nord, le gouverneur général, qui était alors M. Jonnart, se livra,eur la demande du président du Conseil des ministres, à une

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