Laveley, Le Socialisme contemporam (Inlroduction
qu'on en attendait^n'ont servi au contrairequ'à mieux pré parer la résistance ou l'attaque.
La grève doit-elle avoir le dernier mot dans les conflits entre patrons et ouvriers, nous ne le pensons pas. Qu'elle ait des avantages ce n'est pas douteux, c'est une arme puissante quia permis maintes fois aux ouvriers de faire triompher leurs revendications. La simple crainte de la grève a été même quelquefois pou ries patrons le commencement de la sagesse. Mais c'est une arme singulièrement dangereuse pour ceux-là mêmes qui s'en servent. Les ouvriers en particulier s'en sont souvent apeiçus, car leur force de résistanceestmoindreque celle du patron. Le patron peut attendre l'ouvrier ne le peut pas et les subsides recueillis deviennentbienviteinsuffisants. «A lalongue, dit Adam Smith, le maître ne peut pas plus se passer de l'ouvrier, que l'ouvrier du maître, mais le besoin qu'il en a n'est pas aussi urgent ».
Et puis la grève coûte cher; on n'imagine pas les sommes énormes englouties dans ces luttes trop souvent stériles.
M. GarollWright,commissairedu travail aux Etats-Unis, (1) estime que les 3902 grèves qui ont eu lieu dans ce pays en 1895 représentent rien qu'en salaires une perte de 60 millions de dollars, soit 300 millions de francs.
La grève des mineurs du Pas-de-Calais en 1893 représente 1.772.000 journées perdues et une perte de salaires de 10.600.000 fr. d'après la statistique officielle des mines.
Qu'on remarque bien d'ailleurs que le chiffre réel des