CHAPITRE II
L'importance et la forme de la concurrence actuelle de lautomobile au chemin de fer conduit tout naturellement à en rechercher les causes. L'automobile, en dehors de la sphère d’action qui lui est propre, se révèle, dans certains cas, supérieure au Chemin de fer en lui enlevant du trafic. Or, les conditions de concurrence entre moyens de transports, comme d’ailleurs celles de toute forme d'activité humaine en pays civilisé, sont déterminées à la fois par l’état de la technique et par les charges ou les faveurs qui résultent des lois. Dans quelle mesure, condition technique ou statut légal réalisent-ils la supériorité ou l’infériorité de l’automobile par rapport au au Chemin de fer à l’heure actuelle ? Voilà ce qu’il importe de savoir.
Si, en effet, la concurrence de l’automobile et les pertes qu’éprouvent les Chemins de Fer n’existent que grâce
à un privilège légal, ce dernier peut paraître illégitime, dans la mesure où il conduit à une perte pour l’économie des pays, et doit inciter le législateur à opérer des réformes propres à le faire disparaître.
Si, par contre, la supériorité technique grandissante de l’automobile produit à elle seule la concurrence, oblige les Chemins de fer à améliorer leurs services, se révèle enfin comme susceptible d’assurer aujourd’hui et dans l’avenir certains transports de façon plus rationnelle et plus profitable à la collectivité, les Etats seront amenés à laisser s’accomplir une évolution, signe manifeste de progrès, en assurant toutefois par des dispositions appropriées, les transitions nécessaires et les délais propres à sauvegarder tous les intérêts en présence.
Selon donc, que la supériorité de l’automobile proviendra de l’un ou l’autre facteur, la politique à adopter sera différente.
L'importance de ces conséquences conduit à comparer avec soin les deux modes de transport dans leur condition technique et leur statut légal.
Les qualités techniques d’un instrument de transport déterminent à la fois une part de son prix derevient et la qualité du service rendu à ses usagers. C’est à ces trois points de vue qualités techniques, prix de revient et qualités du service rendu que nous allons comparer l’automobile et le Chemin de Fer.