CONCLUSION
Le problème de la concurrence de l’automobile au chemin de fer apparaît, en dernière analyse, assez complexe, pour rendre utile un résumé des conclusions, auxquelles son examen conduit.
Au cours du 19e siècle et durant les premières années du 208, le chemin de fer ne cessa, dans le monde entier, d'étendre son réseau et d’accroître son activité. Le développement du machinisme, l'expansion industrielle et commerciale, qui en fut la conséquence, facilitèrent sa croissance, juste au moment où les progrès techniques . de la traction sur rail la rendaient possible.
Aucune concurrence sérieuse n’entravait son essor. La supériorité sur le roulage s’avérait écrasante. Les transports par canaux, limités par la nature de leur voie, ne détournaient du rail que faible tonnage et marchandises de prix modiques. Le seul rival du chemin de fer aurait pu être le chemin de fer lui-même. Mais si promptement ment ruineuse apparut cette concurrence, que l’intervention des Etats ou les accords entre les Compagnies exploitantes vinrent assigner à chaque réseau un domaine territorial, réduisant ainsi la compétition aux frontières,
et là, même, des ententes tentèrent de répartir le trafic. Le petit nombre des parties, l'imminence du péril, rendirent aisée la conclusion de la paix.
Le chemin de fer posséda alors un quasi monopole des communications terrestres. Son activité et sa puissance auraient dû lui assurer une grande prospérité financiere, si elles n’avaient en même temps incité les Etats à lui imposer de lourdes charges pour le profit de la collectivité. Devenu un instrument social, le chemin de fer n’est plus à même de réaliser des bénéfices accrus, n’est plus maître de conduire son exploitation à sa guise.
Et c’est au moment où les causes mêmes de sa prééminence engendrent une ère de difficulté, que l’apparition d’un concurrent inattendu vient les aggraver.
Durant les quinze dernières années, l’activité des transports automobiles est devenue si grande que le trafic des chemins de fer a subi des pertes notables. Ces pertes sont en général plus élevées pour les voyageurs que pour les marchandises, le plus grand nombre de voitures automobiles étant construit pour le transport des personnes. Limité d’abord à de courtes distances, le rayon d’action de la concurrence s'accroît sans cesse.
L'automobile serait-elle destinée à se substituer au chemin de fer ? Le développement des voitures particulières, et par là même leur concurrence, est lié au montant des revenus, au niveau de la richesse et ne peut que suivre désormais sa croissace sans la précéder de beaucoup. Mais l’activité des transports par autocars et camions peut devenir bien plus considérable lorsque la route se sera transformée, élargie, adaptée au nouvel