‹ La Concurrence de l'Automobile et des Chemins de FerChapitre 40 sur 45 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

instrument. Cette évolution des voies routières débute à peine et nul ne peut déterminer l’étendue de la concurrence dans l’avenir.

Sous son aspect actuel, elle provient de deux ordres de causes bien différentes. D'une part, l’automobile, sur les courts trajets et dans le trafic de répartition, possède sur la voie ferrée un avantage réel, tant par ses qualités techniques et son prix de revient que par sa souplesse et sa commodité. S'il s’agit d’autre part de transport en masse et à longue distance, elle ne peut entrer en concurrence que parce qu'elle évite, grâce à un privilège légal, une part des impositions et des entraves qui chargent et lient les chemins de fer.

Là où l’automobile doit sa victoire à ses qualités propres, le trafic qu’elle enlève aux chemins de fer lui paraît définitivement acquis et la collectivité y trouve son profit. Mais là où la concurrence provient de l'inégalité du statut des moyens de transport, il importe de la faire disparaître, parcequ’elle se révéle inutile et coûteuse. On ne saurait rechercher le rétablissement de l'égalité par un accroissement des charges, mais bien en allégeant celles qui pèsent sur le mode de transport le plus grevé.

Les directives de la politique à suivre seraient donc de faire payer à l’automobile comme au chemin de fer toutes leurs dépenses et rien que leurs dépenses et d’affecter à celles-ci de façon rigoureuse les recettes, sans en distraire une part au profit du budget général de l'Etat.

A cette autonomie budgétaire devrait se joindre une grande liberté d’exploitation, elle subsiste encore pour

les transports automobiles, il paraît utile de l’établir dans l'exploitation des voies ferrées.

Ces réformes pourraient s’opérer sans léser les droits de contrôle de l'Etat, le contrôle n’étant point fait pour entraver l’action, mais seulement pour la guider et la maintenir dans des voies conformes à l'intérêt général ; ainsi la concurrence du chemin de fer et de l’automobile ne disparaîtrait sans doute pas, mais sera ramenée aux limites d’une émulation utile.

De tels projets se heurtent cependant à bien des obstacles, dont le principal est la difficulté qu’éprouvent les Etats à couvrir les dépenses grandissantes de leurs budgets généraux et leur tendance naturelle à maintenir et à augmenter les impositions. C’est de l’équilibre des budgets que dépendra, dans les années à venir, la solution du problème du rail et de la route.

Vu : le Président de la Thèse, A. AFTALION

Vu : le Doyen de la Faculté, BERTHELEMY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris.

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