RÉFORMES NÉCESSAIRES
Tout jeune et tout frais émoulu du collège, j'ai connu le jeune Alfred Martineau à Y Union de la Jeunesse Républicaine et dans tous les cercles où grouillait une jeunesse impatiente, .turbulente et ambitieuse, composée en majeure partie d'arrivistes et où moi; je me contentais de faire des conférences.
Quand on est pressé, on n'est pas difficile sur les moyens, et ce grand garçon blond, pâle et timide se jeta à corps perdu ^dans l'aventure Boulangiste et du coup fut nommé député de
(1) Malheureusement depuis on a remplacé le gouverneur, ce qui est mauvais, car on ne laisse pas à nos fonctionnaires le temps de connaître et d'aimer le pays où on les envoie.
Paris. Mais bientôt poussé par les nécessités du moment ou les remords, il fut le premier à faire défection et à renier le brave fantoche qui, tout boulanger qu'il était, 1 avait sorti du pétrin.
Aux élections suivantes, il ne fut point renommé et le gouvernement suivant la tradition qui veut que Ton fasse un sort à toutes les épaves du suffrage universel — suprême insulte pour les électeurs — le nommait gouverneur de Djibouti, s.ur la côte des Somali, où il ne tardait pas, d ailleurs, à montrer que l'ancien député versatile était un excellent administrateur. Une première fois on l'avait repêché san« titre ; cette fois comme il en avait acquis de sérieux, on s'empressa de le mettre en disponibilité.
C'est donc ce brave garçon qui a beaucoup vu et appris dans ses voyages et au contact des hommes politiques qui vous enlèvent vite vos dernières illusions, mon vieil ami Alfred Martineau qui s'annonce bien en lisant ce portrait tracé par la main bénévole d'un camarade, qui vient de partir pour D'zaoudzi, chef-lieu de Mayotte, en qualité de Gouverneur des Comores.
La situation générale de cet archipel est de plus en plus précaire, de plus en plus inquiétante.
Et c'est ce que mon excellent confrère J. Paul Trpuillet vient de mettre admirablement en lumière dans deux notes consacrées à la colonie.
« L'île de Mayotte qui possédait encore, il y a quelques années, dit-il, vingt-trois établissements sucriers très prospères, n'en possède plus que deux actuellenîent.
Cette situation est due, d'une part, à la baisse des sucres qui va toujours en s'accentuant, et, d'autre part, à la négligence de certains administrateurs qui ont suscité, sans motif avouable, toutes sortes de difficultés aux colons pour les empêcher de recruter des travailleurs indigènes. A son arrivée à Mayotte, au mois d'octobre 4901, M. le gouverneur Pascal s'efforça de remédier, dans la mesure du possible, à cet état de choses en obligeant les immigrants africains à contracter des engage-
ments sur les plantations dépourvues de main-d'œuvre. Les mesures prises à cet effet furent malheureusement trop tardives : elles ne purent enrayer la crise économique et la plus • . grande partie des plantations de cannes à sucre furent abandonnées dans le courant de la dernière année.»
Tout à l'heure je donnerai les vraies causes de cette crise sans précédent ; mais je poursuis mes citations :
Entre temps M. Trouillet fait la constatation suivante à propos d'Anjouan que j'appuie de mon expérience personnelle, car je ne connais pas d'autre vanille, dans ma famille.
« La colonisation a fait dans cette île en l'espace de dix ans de merveilleux progrès, dus, il faut le reconnaître, à l'in- • telligence et à l'activité de deux Français, MM. Regoin et Boin.
] Ces colons obtinrent en 4892 la concession de Bambao, an-
cienne propriété des sultans d'Anjouan et achetèrent' à la même époque le domaine de Pomony qui appartenait à un Anglais, M. Sunlay. Tout en conservant et en améliorant les cultures de cannes de ces propriétés qui continuent, malgré la baisse du sucre, à leur donner des bénéfices très appréciables, MM. Regoin et Boin firent des essais de plantation de vanille. Ces essais réussirent si bien que MM. Regoin et Boin sont devenus les plus importants producteurs de vanille du monde entier. Nos compatriotes ont acheté, en outre, les terres disponibles situées entre Bambao et Pomony et se sont ainsi constitué un magnifique domaine presque entièrement mis en valeur aujourd'hui. La réussite des établissements de MM. Regoin et Boin a attiré de nombreux colons à Anjouan et ceux-ci sont tous enchantés des résultats de leurs travaux. Une question seulement, celle de la main d'oeuvre, a retardé pendant quelques années l'essor de la colonisation française à Anjouan, mais cette question a été résolue, au mois de janvier 1901, par M. Pascal qui, en mettant en vigueur un règlement très pratique sur le travail que ses prédécesseurs n'avaient pas voulu appliquer, a fourni aux planteurs, en quelques semaines, les deux mille travailleurs indigènes qui leur faisaient défaut. »
Mon confrère l'evient sur la grave question de la maind'œuvre; je l'y suis volontiers en poursuivant mes citations, me réservant de la réfuter en bloc et de lui démontrer dans quelle profonde erreur l'ont fait tomber des correspondants intéressés qui ont naturellement tenu à cacher soigneusement leurs crimes.
M, Trouillet dit : « Enfin Anjouan a la chance d'être adniinistré *par un fonctionnaire sérieux, M. Lemaire, très au courant, par ses occupations antérieures, des affaires des Comores, et qui, par son activité, son intelligence, a conquis l'affectueuse estime des colons et des indigènes.
Le nouveau gouverneur, M. Martineau, peut et doit avoir la plus grande confiance dans ce collaborateur très distingué. Tant que M. Lemairé dirigera les affaires d'Anjouan, M. Martineau aura la certitude que tout marchera bien dans cette île. »
Tout à rheure nous verrons comment il entend tout faire marcher... en massacrant les pauvres travailleurs.
Parlant de M. Humblot qui est depuis dix-huit ans dans la Grande-Comore et qui est bien connu de tous ceux qui ont passé dans Tarchipel, il ajoute : Bien que possesseur de titres de concession parfaitement authentiques et portant la signature du gouvernement, M. Humblot a vu ses propriétés discutées et amoindries. Bien plus, on a fait un martyr, pensionné par la colonie, d'un chef indigène qui a essayé de le faire assassiner.
Enfin, dans le courant de l'année de 19&1, un fonctionnaire français a essayé de dépeupler la Grande-Comore au profit d'une colonie voisine dans le but d'empêcher M. Humblot de recruter la main d'œuvre qui lui était nécessaire et de l'obliger ainsi à abandonner un pays qui lui est redevable de tout ce qui y a été fait d'utile.
M. Pascal reconnut de suite qu'il convenait de mettre fin au recrutement scandaleux auquel il a été fait allusion plus hautj et le ministre des colonies, sur ses instances, prit un décret, — que nous avons reproduit ici même, — pour foire cesser les intolérables abus qui lui avaient été signalés. Le prédé-
cesséur de M. Martineau sut, par sa franchise; son impartialité et sa bienveillance, inspirer en même tenips confiance aux colons et à la population indigène de la Grande-Comore, et pendant toute la durée de son administration il ne se produisit dans cette ile, aucun de ces incidents tragiques qiii lui avaient valu jadis une si mauvaise réputation.
]M. Humblot.a fait beaucoup pour Je pays, c'est entendu, niais il aurait bien voulu se procurer aussi de la main d'œuvre pour rien ou à peu près et quant à la franchise, à l'impartialité et à la bienveillance de fonctionnaires qui ne savent que massacrer les travailleurs et les pauvres ouvriers désarmés et inoffensifs, comme à Châlons, à Fourmies, à la Martinique, de grâce, n'en parlons pas.
Enfin, nous voici au point culminant, à l'appel direct à la for-ce armée et aux baïonnettes :
« Au mois de février, les travaux de nos compatriotes furent presque annihilés à la suite d'une grève d'origine mystérieuse. Pendant plusieurs mois, les habitants de Mohély refusèrent de s'employer chez les Européens, et il fallut l'intervention d'un détachement de troupes envoyées de Madagascar pour venir à bout de la résistance des noirs et éviter de graves désordres. Actuellement, l'ordre est parfaitement rétabli et il y a lieu de croire que l'occupation pro\isoire de Mohély par les tirailleurs sénégalais demandés par M. Pascal, avant son départ de Mayotte, permettra à nos compatriotes établis à Mohély de reprendre leurs travaux en toute sécurité et de bénéficier des capitaux qu'ils ont engagés dans les plantations de cette île. M. Martineau ne manquera pas de profiter de la présence des troupes à Mohély pour soumettre tous les habitants à l'impôt de capitation. »
Je connais, mon cher confrère, votre loyauté et votre droiture, je sais combien vous aimez, comme moi, cet archipel si fortuné par les dons de la nature et si infortuné par la faute et la rapacité inconcevable de ses côlons, ou du moins, de la plupart, et je pense qu'après ce tableau très vrai et très authenti-
que de ce qui s'y est passé cette année, votre opinion se.trouvera radicalement modifiée. Mais procédons par ordre et n anticipons pas :
« Nous croyons savoir que déjà M. Martineau, soucieux du bien-être et du développement de la colonie qui vient de lui être confiée, a envisagé Tintérèt que présenterait la création d'un service maritime entre Madagascar et Zanzibar à travers toutes les îles de Tarchipel, ainsi qu'à rétablissement de la télégraphie sans fil entre/ces mêmes îles : le ministre des colonies actuel, l'honorable M. Doumergue, est trop ami du progrès pour ne pas prêter à ces projets, déjà examinés par M. Pascal, Tappui de sa haute autorité. »
C'est la vérité pure et j'ajouterai même que je suis persuadé que ce seront là les deux premières préoccupations de notre excellent ami Alfred Martineau et cela d'autant plus volontiers de sa part qu'il y sera impérieusement invité par tous les colons de l'Archipel, suivant la très juste expression de Trouillet.
Maintenant, après avoir suivi mon excellent confrère pas à pas dans les très intéi^essantes informations qu'il a données sur les Comores, il convient de lui démontrer combien il a été induit en erreur par des correspondants intéressés et mal intentionnés, à propos de la main-d'œuvre dans ces îles, qui pourraient être si heureuses et si prospères, si les colons né s'entêtaient pas à vouloir rétabUr ou plurot maintenir lesclavage et faire travailler pour rien les malheureux noirs qui sont cependant des hommes tout comme nous.
Le 26 octobre 1902 — je précise — \os journaux publiaient la note suivante :
Vingt Comoriens ayant pris part au mouvement insurrectionnel qui s est produit récemment à Mohéli et déportés à Madagascar, ont été débarqués du paquebot Yaufj-Tsé à Tamatave.
Ces insurgés, principaux meneurs de la révolte, seront embarqués à bord de la Ville^de-Pernambuco, à destination de
Fort-Dauphin, le chef de cette bande, nommé Catchou, sera envoyé à Mananary.
Un vieux camarade de lettres, un \îeux journaliste de mes amis, qui connaît les Comores à fond et qui précisément se trouvait à Tamatave au moment du débarquement de ces malheureuses victimes de la rapacité et de la cruauté des blancs, et que Ton a le cynisme de traiter d'insurgés, de meneurs et de bandits, vient de me faire, à son retour de Madagascar, avec des larmes de colère et d'indignation dans la voix, le récit suivant que je traduis aussi fidèlement que possible :
Ah ! mon cher ami, des détails, des renseignements concernant FalTaire du 3 août, survenue si malheureusement à Mohéli, dans ces Comores que j'ai connues autrefois et dont j'ai gardé le meilleur souvenir ? Je ne sais si j'en aurai le courage, car ce que je viens de voir et d'entendre au débarquement de ces malheureux à Tamatave m'a tout à la fois bouleversé et rempli de stupeur et d'indignation.
Ce qu'il y a d'effrayant c'est que la Métropole n'est jamais renseignée et ne veut pas être renseignée sur ce qui se passe dans les colonies.
C'est ainsi ([ue les habitants des Comores ont été fort surpris du mutisme absolu des journaux expédiés de France à la date du 24 août, ne disant pas un traître mot et ne faisant pas même mention dos malheureuses affaires de Moliéli où tombèrent le 3 aoiU sous les balles françaises, plus de vingt indigènes, dont le tiers furent tués sur le coup, coupables seulement (l'avoir refusé depuis plusieurs mois, en pays de protectorat, ce qu'il ne faut pas oublier — leurs premiers engagements étant terminés — d'en contracter de nouveaux à des conditions inacceptables pour eux.
Ah! vous ne voulez pas laisser rétablir l'esclavage sur votre dos, nous allons vous faire fusiller par l'armée française !
Comment (jualifier un fait semblable en pays civilisé, et avec (le tels procédés est-il étonnant que nous n'arrivions pas à de bons résultats et que les Comores marchent à leur ruine.
Depuis février ou mars, la situation de ces malheureux était demeurée très calme, quand M. ladministrateur Lemaire, résident d'Anjouan et ex-sous-chef de bureau du ministère des Colonies au bureau de Madagascar et ex-comac de la reine Ranavalo en France, et après le ^départ de M. Pascal, gouverneur par intérim à Mayotte, soit en juillet dernier, époque à laquelle M. Pascal était rentré en Finance, si mes souvenirs sont exacts, fut chargé de l'intérim.
Profitant de l'envoi de Madagascar, comme force de simple police d'un détachement de tirailleurs sénégalais, M. Lemaire, gouverneur intérimaire, se rendit à grand fracas à Mohéli, dans le but annoncé très haut sur le paquebot où il avait pris passage, d'aller rétablir l'ordre dans cette Comore ingouvernable qui est, détail qu'il ne faut pas oublier, grande comme un mouchoir de poche, mais avec l'intention inavouée et mal déguisée sous ses passementeries orgueilleusement arborées, d'y jouer tout à la fois le triste rôle d'autocrate, de satrape et de glorieux conquérant.
L'existence d'un pauvre noir coûte si peu à certains blancs, et la mort de plusieurs indigènes dans certaines circonstances tragiques fait parfois si bien dans un rapport ad hocy habilement façonné pour les besoins de la mauvaise cause que l'on soutient !
Et maintenant je précise très exactement d'après les paroles mêmes de mon ami qui était le mois dernier à Tamatave au débarquement des malheureuses victimes.
Le 3 août, sans ordre aucun du capitaine ni d'aucun autre officier commandant la troupe du Sénégal — les chefs militaires européens étant par conséquent complètement et fort heureusement dégagés dans cette affaire — les fusils d'un certain nombre de Sénégalais partirent tout seuls — dit-on ? — Et sous les balles françaises plus de vingt indigènes tombèrent la poitrine trouée et les membres fracassés et la plupart moururent dans une épouvantable agonie.
A ce sujet quantités de rapports ont dû certainement être
expédiés au Ministère des Colonies, encore tout humides, sans doute, des larmes hypocrites de ceux qui les ont composés et où toutes sortes de bonnes raisons ont dii être données pour excuser les coups de feu. Puis ces malheureux indigènes sur qui Ton a tiré ainsi sanslombre d'un prétexte, auront d'après lesdits rapports, certainement commis des tas de méfaits et de crimes!
Mais heureusement que nous avons, nous aussi, des masses de témoins et que nous sommes décidés à faire la lumière sur J'exécution en masse de ces pauvres gens.
Ils étaient surexcités certainement, mais n'avaient-ils pas le drott de l'être, les esprits hantés par le souvenir terrifiant de l'hécatombe de vingt des leurs qui dans une seule nuit de 1897, périrent sans air et sans eau, suppliciés par l'étouffément et par la soif torturante, dans une alfreuse casemate où les avait parqués ladministrateur du poste, alors que la moitié d'entre eux n'aurait pas dû s y trouver et que l'administrateur avait été averti à temps que vingt bouches et vingt poitrines demandaient en suppliant de l'air et de l'eau !
C est avec des larmes de rage et de honte que j'écris ces lignes aussi nécessaires que douloureuses, car c'est avec de tels procédés cruels que l'on perd ses colonies et il faut le dire bien haut, qui n'entend qu'une cloche n'entend qu un son, et voilà ce qui se passe et ce qui s est passé à l'abri du pavillon français, dans un pays de simple protectorat français, où ne devraient être enseignées que la clémence et la justice.
La France et le Ministère des Colonies lui-même sont souvent leurrés, n'étant renseignés que. par ceux-mêmes qui ont accompli ces faits, tandis que naturellement les subalternes et les colons se taisent par crainte ; colons, petits employés, indigènes, tout le monde est terrorisé, ce ne seront certainement pas les morts qui parleront, pas plus que ceux que leurs blessures ont figés dans un désespérant silence. Ce sera encore moins les simples, ceux qui sont restés debout, à qui Ton ferait, au contraire, aisément dire tout ce que l'on voudrait bien in-
venter pour les besoins de la cause, en leur montrant à Tliorizon de nouvelles représailles encore plus terribles que les pre-r mières, pour avoir eu l'audace de réclamer contre des règlements qui ne leur sont pas même applicables ; ne parleront pas aussi les créatures de ceux qui sont les vrais coupables et marchent dans le sillage de ces derniers, du miel aux lèvres et de la lâcheté plein le cœur, mais de Fespérance en tête, et qui ont des rêves hantés partout par des figures sanglantes, des membres pantelants et des poitrines trouées... C'est la terrible folie coloniale du sang qui a été si bien dépeinte par mon vieil et courageux ami Vigne d'Octon.
Et depuis, l'administrateur Lemaire, gouverneur intérimaire jusqu^à larrivée de Martineau, gonflé de ses lauriers, a trôné impassible, en son palais de Mayotte, annonçant à tous ceux qui arrivent de France ou qui y retournent, sur les paquebots où sont exhibées ses broderies, que, grâce à lui, le calme est rétabli à Varsovie, pardon à Mohéli et qu'il fallait à ce vilain monde la bonne leçon qu'il leur a infligée.
A la veille de l'arrivée du nouveau gouverneur, ses amis se racontaient même qu'il s attendait à une belle récompense pour prix de ses exploits et des services rendus en cette fâcheuse circonstance, à la France, bien qu'il ait piétiné sur les lois en vigueur partout, sur celles qui régissent et réglementent le travail, sur enfin les principes de la plus élémentaire humanité, et cela non dans un pays annexé, mais de simple protectorat, où ne sont pas, par conséquent, promulguées une foule de nos lois.
Voilà, certes, une singulière façon de civiliser des gens que l'on veut garder à soi et utiliser plus tard pour la prospérité de la MèreJPatrie ! ^
Cette fois, il est juste de constater que tous les officiers de la troupe sénégalaise se sont tenus absolument en dehors de ces faits et que c'est un civil, le gouverneur par intérim Lemaire, qui en est seul responsable.
Du temps de M. Pascal bien des faits inhumains s'étaient
également passés ; j'y reviendrai, s'il y a lieu, et si Von refuse de faire la lumière, de rendre la justice.
Je l'ai dit, je connais et j'aime beaucoup le nouveau gouverneur Alfred Martineau et je suis persuadé qu'il va s'indigner de tant de cruautés et qu'il va mettre bon ordre à tous ces excès sans nom.
Ce sera bien, mais ce ne sera pas encore assez et il faudra rendre une éclatante justice aux pauvres vingt Comoriens que l'on vient de déporter à Madagascar, qui n'ont jamais été ni insurgés, ni meneurs, ni révoltés, mais seulenient les infortunées \ictimes d'un gouverneur intérimaire, saisi delà terrible fièvre du sang, comme cela se voit trop souvent en pays chaud ! Il faut une enquête.