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AUX ANTILLES

LES SAINTES, MARIE-GALANTE, LA DÉSIRADE, SAINT-MARTIN, SAINT-BARTHÉLEMY

On sait que dans TOcéan Atlantique nous possédons Saint-Pierre et Miquelon et le French Shore de Terre-Neuve dont je parlerai plus loin, dans les petites Antilles — Iles Sous-le-Vent. — La Martinique, la Guadeloupe et ses dépendances et enfin la Guyane.

Je ne parlerai pas de cette dernière, ni de la Martinique et de la Guadeloupe. Ces deux Antilles sont bien des petites colonies, mais elles sont si connues que je pense inutile de m'y arrêter.

Je vais donc ne m'occuper que des dépendances directes de la Guadeloupe, telles que Marie-Galante, la Désirade et les Saintes, ainsi que de Saint-Martin et Saint-Barthélémy qui en sont séparées par une partie des petites Antilles Anglaises et qui sont en général moins connues, malgré tout l'intérêt qui s'y rattache.

Donc, sortez votre beau casque colonial, bien passé à la craie et en avant pour cette petite promenade archipellienne^ parfois chaude, mais souvent aussi intéressante que celles à travers nos petits archipels du Pacifique.

Commençons par les Saintes qui forment un archipel à 12 kilomètres au sud de l'extrême pointe de la Pointe des Châteaux, de la Grande-Terre, de la Guadeloupe, si j'ose m'exprimer ainsi. II est formé de quatre îles principales qui sont : la Te)Te-d: en-Haut, la Terre-d en-Bas, le Grand-Ilet, et ïllet-à- Càbrits et de quatre rochers qui sont la Coche, les Augustins, le Pâté et la Redoute avec une superficie de 4.420 hectares environ, ce qui n'est pas méchant, comme Ton voit.

La Terre-d*en-Haut et la Terre-d'en-Bas sont assez accw dentées surtout étant donnée une faible superficie et c'est ainsi que le Pain-de-Suere atteint 316 mètres et le Momie-Létang 304. La Passe-dw-Sud sépare ces deux îles ; son ouverture méridionale est fermée parle Grand-Ileit et la Coche et Touverture septentrionale par le Pâté et lllet-à Cabrits. Elle forme ce que Ton appelle la Rade des Saintes un peu comparable, si Ton veut, à celle de Rochefort, chez nous et constitue une position stratégique de tout premier ordre. Aussi ce n'est point sans raison qu'avec le Bourg des Saintes on lui a donné le nom de Gibraltar des Antilles.

Marie-Galante, située à 27 kilomètres au sud de la Grande- Terre et séparée de la Basse-Terre par le canal de Marie-Galante, à peu près de la même largeur, est d'une forme presque ronde, sauf à la Pointe du nord^ ce qui lui donne plus exactement la forme d'une écaille d'huître. Elle a 83 kilomètres de circonférence — une jolie taille ! — et à peu près 15.000 hectares de superficie.

Elle forme une vaste plaine mamelonnée qui va mourir en plages sablonneuses à l'ouest, vers la mer, tandis que sur la côte orientale ou côtes du Venty elle se relève en falaises escarpées véritablement très belles. Malgré sa forme générale presque circulaire, les côtes sont assez découpées et les principales pointes — mornes quand elles sont en élévation — sont celles du Cimetière, du Nord, de Bottereau et du Gi^os-^Cap et les anses ou petites baies foraines, comme presque toujours aux Antilles, hélas, où la rade des Saintes, comme le port de la Havane sont des exceptions qui d'ailleurs en font plus priser le prix et toute l'importance, sont celles de la Grègue-au-Vent, de la Frégate, du Grand^Bourg, de la Grande-Anse et enfin la rade de Saint-Louis,

Tout comme une île du Pacifique, Marie-Galante possède une ceinture dangereuse d'écueils madréporiques sur sa côte orientale et méridionale; arrosée par les rivières du Vieux-Fort, de Saint-Louis et par quelques autres 'torrents de moindre

importance ; il est presque superflu d'ajouter qu'elle est très fertile, comme presque toutes les Antilles.

La Montagne Constant domine la côte orientale de 207 m seulement; il n'y a donc pas de points très élevés dans l'île, ce qui permet d'en mettre en valeur toutes les'parties, au point de vue de la culture, avec une température d'autant plus chaude, il est vrai que l'altitude est moindre, sauf cependant la partie Ouest où s'étend le grand marais de Retz qui recouvre plus de 500 hectares de superficie. Les principaux centres sont Grand- Bourg j Capesterre et Saint-Louis reliés par une bonne route qui fait le tour de l'Ile, comme à la Réunion chez nous, ou à PortO'Rico, cette petite des quatre grandes Antilles, si l'on peut dire, et qui est peut-être la plus enchanteresse que je connaisse, surtout depuis que les Américains y ont apporté Tordre, l'hygiène et, par conséquent la salubrité ; mais ce n'est point le moment d'en parler ici.

La population de Marie-Galante est d'environ 12.000 habitants.

La Petite-Teire à 9 kilomètres au Sud-Est de la pointe des Châteaux de la Grande-Terre, est composée de deux îles qui, comme celles des Saintes, s'appellent la Terre-d en-Haut et la Terre-d en-Bas j séparées seulement par un canal de 200 mètres, singeant ainsi la Guadeloupe avec sa Rivière salée qui sépare la Basse-Terre de la Grande-Terre. Elles sont environnées de dangereux récifs appelés Les Baleines — pourquoi pas les requins dans ces parages où il y en a tant ! — et la superficie totale des deux petites îles ne dépasse guère 380 hectares ; cependant la Petite-Terre^ puisqu'il convient de lui conserver ce nom si^igulier bien qu'elles soient deux, est couverte de cocotiers et de plantations très fertiles, avec quelques villages, ou plutôt hameaux de pêcheurs.

Mais en voici une de plus grande importance, découverte en 1493 par Christophe-Colomb, occupée primitivement par les FrançaSs, prise en 1762 et reprise en 1795 par les Anglais qui ne l'ont rendue qu'en 1815, d'où son nom probablement de La

Désiradel Elle est à 41 kilomètres du Nord-Est de la Pointe des Châteaux.

Allongée comme une modeste nouvelle Calédonie ou Sainte- Marie de Madagascar, elle mesure 11 kilomètres de long sur 2 de large, avec une superficie de 2.730 hectares environ ; en somme elle forme une longue arête de collines, comme l'épine dorsale d'un poisson géant dont le Morne Frégate, le point le pTus élevé, n'atteint que 282 mètres, ce qui est assez respectable, il est vrai, pour une si faible largeur et c'est si vrai que la côte orientale est à pic sur la mer, autre point de ressemblance avec Sainte-Marie de Madagascar, tout en étant, très exactement, cinq fois moins longue. Mais si elle est ainsi à pic sur la mer à la Pointe du Nord, à l'Ouest au contraire, à la Pointe des Colibris elle descend doucement vers la mer et la Grande-Anse offre un assez bon mouillage.

Autrefois l'île était couverte de gaïac, gaïocan, mot caraïbe; on sait que cet arbre de la famille des zygophyllées possède un bois très dur^ qu'il est très recherché dans l'industrie et en chimie et qu'il fournit la résine de gaïac. On a donc commis une grande faute en le laissant détruire, comme on laisse détruire aujourd'hui le campêche en Haïti par des coupes non réglées. A l'heure actuelle la Désirade ne produit plus que des fromagers ou kapoks — Eriodendron anfractuosum — dont j'aurai à parler ici-même et qui peut devenir lui-même d'un grand rapport, si nous savons seulement imiter les Hollandais qui en font un commerce important dans leurs colonies, en exploitant cet édredon du prolétaire et s'en serA-ent dans la marine, à cause de ses grandes qualités de flotldbilité.

Elle produit aussi le mancenillier, arbre vénéneux de légendaire réputation ; mais ce n'est pas une raison pour nous endormir ! Comme les pluies sont rares dans l'île, le cotonnier y réussit également fort bien et cette sécheresse même du climat fait de la Désirade un vaste et merveilleux sanatorium pour les fiévreux et les anémiques des Antilles.

La population ne dépasse guère 1.500 habitants et les deux

centres principaux sont le bourg du Galet et le bourg de la Grande-Anse.

Après les dépendances immédiates de la Guadeloupe, il me reste à examiner les petites îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin.

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