‹ La concurrence étrangèreChapitre 20 sur 119 · TAHITI ET LES ILES DU VENT · texte numérisé non relu

TAHITI ET LES ILES DU VENT

Ce que Ton est convenu d'appeler les établissements fi^an^ rais de VOcéanie comprennent sept groupes ou divisions principales que nous étudirons ici les uns après les autres, et qui comprennent : V Archipel de la Société, qui se divise lui-même en lies du Vent et en îles Sous-le-Vent ; V archipel Raïvavae et les Tubuai; Vile Râpa; les iles Gamhier; rarchipel des Tua*motu ou iles Basses, dont j'ai déjà parlé ici même à propos d'un récent désastre; V archipel des Marquises, et enfin le protectorat des iles Rurutu et Rimatara.

Leur superficie totale est d'environ 4.230 kilomètres carrés, et leurpopulation de 30.000 liabiti\nts, approximativement'; c'est bien modeste, en effet, et cependant, au point de Mie commercial, elles ont une réelle importance, comme j'espère pouvoir le démontrer au cours de ces modestes études.

Aujourd'hui, nous allons rester dans la première partie de larchipel de la Société, c'est-à-dire à Tahiti et aux îles du Vent.

La plus importante, Tahiti, se trouve au milieu du Pacifique, à peu près à égale distance de l'Australie et de l'Amériquedu Sud, et sans doute pour faire mentir le proverbe, cette île fortunée a cependant déjà une histoire assez mouvementée et qui l'a rendue presque populaire en France ; résumons rapi- (lonient :

Découverte en i7G7 par Walhs, visitée peu de temps après par Ilougainville et Cook, sur la foi de leurs récits dithyrambiques, sur ce qu'ils appelaient la NourcUc Cythèn\ beaucoup d'Européens y vinrent.

En 1797, les indigènes, naturellement bons enfants et

sceptiques, sehvissèrent convertir en un tour de main au- protestantisme par des missionnaires anglais et Tun d eux, de funeste mémoire, le sieur Pritchard, devint le conseiller de la Reine Pomaré IV, et comme deux missionnaires français voulaient s établir dans File, Pritchard les fit arrêter et réembarquer de force. Dans ce métier, on n'aime pas la concurrence.

C'est alors que l'Amiral du Petit-Thouars imposa à la reine Pomaré IV le traité du 4 septembre 4838, en vertu duquel les Français de toutes professions avaient le droit de séjourner et de commercer librement dans l'archipel , Mais comme le bon Pritchard ne tarda pas à faire violer évangéliquement le traité, l'amiral décida la reine et les grands feudataires, si ce terme n'est pas trop ambitieux, à placer Tahiti sous le protectorat de la France en vertu du traité du 25 mai 1843, mais comme Pritchard ne désarmait pas et avait tenté de fomenter une sédition, il fut arrêté et la Reine mise à pied comme un simple cocher de fiacre. C'est alors que pour faire plaisir à l'Angleterre, le goiivernement de Louis-Philippe, toujours bonne poire, commit cet acte honteux de désavouer son représentant. Alors les Tahitiens se soulevèrent contre les Français, et l'opinion publique, ici, contre la veulerie du Roi et sous la pression de cette opinion très montée, le 47 septembre 4840, un corps de débarquement français soumit l'île en cinq sec, et elle fut définitivement placée sous le protectorat de la France.

Par le traité du 29 juin 4880, Pomaré V, fils de la reine Pomaré. IV, a abdiqué, et Tahiti est maintenant une colonie française, ainsi que les îles du Vent, qui se trouvaient sous la suzeraineté de la royauté tahitienne.

Si j'ai tenu à rappeler ces faits, c'est que l'a reine Pomaré fut un instant très populaire en France, sous Louis-Philippe, et que plus tard, j'ai eu, moi aussi, l'honneur de connaître personnellement safamille qui était composée d'hommes de couleur fort intelligents et très ouverts à notre civilisation.

Ils m'ont souvent invité à aller les voir et je n'ai jamais pu, hélas ! trouver le temps et encore moins l'argent pour le faire.

Je ne les ai point levus depuis 1889. Comme le temps passe!

Tahili estfoimée de deux iles montagneuses, Tahiii et Taïarap'u, réunies par un isthme de 2.200 mètres de largeur qui pourra attendre longtemps sous les banians son de Lesseps. et p:)ur cause de ron utilité publique !

Tahiti est trc is fois plus grande que Talarapu ; de forme à jeu près ronde, elle mesure 420 kilomètres de pourtour et 79.485 hectares de superficie. Taïarapu n'a c;ue 72 kilomètres de pouitour et 54.730 hectares de superficie; elle a la forme d'un œuf et à elles deux, ces deux sœurs, qui ne sont pas siamoises, ferment une gourde !

. L'isthme de Taravao qui les unit ne^t qu'une bande de terre, j allais dire le cordon ombilical, dont le point culminant ne dépasse pas 44 mètres. Ses côtes sont entourées d'une ceinture de récifs de coraux interrompus seulement aux deux extrémités de l'ile, soit au Nord-Ouest de Tahiti, entre les pointes de V*bii(s et de Tiareî qui enserrent la baie de Mqtavai\ et au Sud-Est de Taïarapu entre le cap Milh^eu et l'île Aïhiilu. Mais il convient d ajouter que l'on aborde le littoral par des brèches ouvertes, assez régulièrement, fort nombreuses et qui forment des passes à travers le brise-lames formé par le banc de corail.

C'est ainsi que je citerai autour de Tahiti, les passes de Tdunoa et de Papee^ de Taopuna^ de Punaavina, de Maraa^ de Teavarara, d'Aï/Vi et de Hotumaltiu^ qui donne accès au port Phaéloii, baie profondément creusée, entre Tahiti et Taïarapu, juste à l'endroit où le pèlerin, autrefois, en revenant de Saint-Jacques de Compostel, saisissait sa gourde pour boire un coiip de tord-boyaux ! Les passes de Papéïta, de la "Boudeuse, d^Onohiha, de Papénoo^ etc., sont encore à retenir.

Celles A'^Avaéno, de Havai^ d'^mn/ra, de Tanliiio, et le port de Pihaa^ se trouvent autour de Taïarapu.

Ses baies les meilleures sont : la baie de Matavaï^ où débarquèrent les premiers Européens, le port Phaélon et le port de Taravao, et les ports les plus fréquentés sont ceux de Pa-

peelCy TaïUira, Puedu et Haïlaa,.. et ivallez pas me dire : peuh ! qu'est-ce que vous voulez que toutes ces passes et ports nous intéressent ?

Dans ces îles oà les pêches, toutes les pêches, depuis celles des huitres perUères jusqu'aux éponges, doivent constituer la fortune des indigènes et même de la Métropole, qui y fait du commerce, il n'est pas permis de laisser ces questions, tout à fait capitales, dans l'ombre.

Malgré leur modeste étendue, Tahiti et Taiarapu sont très accidentées et leurs montagnes d'origine volcanique poignardent le ciel sous forme de pics pointus; c'est ainsi que YOrohena, à peu près juste au centre de Tahiti, atteint 2.237 mètres et Yltorai 2.065 mètres. A. Taiarapu qui est trois fois plus pe-* tite, le Mont Ronixi ne s'élève modestement qu a 1.400 mètres.

Malheureusement, les pentes de ces montagnes descendent en général jusqu à la côte et ne laissent qu'une bande de terre, très fertile à la vérité, mais souvent bien étroite et qui repose sur des coraux. Mais larbre des Banians, le Banian ou le figuier maudil, comme Ion dit aux Antilles ficxis Indica, y est vraiment trop exubérant, encombrant et envahissant.

Quand j'aurai termiîié ces petites notices coloniales, il faudra un jour que je vous conte les mœurs étranges et sans-gêne de cet arbre : elles en valent la peine.

Mais partout, vallées et plateaux sont fertilisés par de très nombreux cours d'eau et, chose vraiment curieuse et qui peut donner à rêver à l'habitant du Marais qui n'a jamais quitté la rue de la Perle, à la saison des pluies, il se forme des torrents impétueux d'une telle violence, qu'ils sont arrivés ii ouvrir les passes à travers les ceintures de coraux, faisant œuvre de formidables béliefrs !

Citons la Faiitana qui se jette à la mer près de Papeete, les rivières de Tuauro et de Papenoo, l^ Faurohii, le Panaruu, le Tahariiii, la Vaihiina et la Vailepilia.

Enfin, dans d'anciens cratères se sont formés des lacs et c'est ainsi que le lac de Vathii^ia se trouve à 432 mètres d'alti-

tude, jusqu'à la source de la rivière du même nom, avec des eaux très froides et très profondes, dans un vaste entonnoir, le lac Tevaïtohi, etc.

Avant de finir, disons un mot des autres iles du Voit, car File piincipale en vaut la peine; cet archipel comprend TUe Mooréia ou Eimeo, mais connue seulement sous le premier vocable, située à 16 kilomètres environ de Tahiti, comme sa voisine, elle a un relief des plus pittoresques et souvent des plus, accentués et sa montagne de Tohivea atteint bel et bien 1.212 mètres. Comme à Tahiti, les côtes sont entourées d'une cein- . ture de coraux et présentent un développement de 48 kilomètres.

La superficie de File est de 13.000 hectares environ. Deux baies profondes à la base de cette île qui a presque la forme d'un cœur, celle de Taréu et de Papetoaï et celle de Teriu ou Paopao, plus connue sous le nom de baie de Cook\ offrent d'excellents mouillages ; on y pénètre par les passes de Toreu et de Paopao,

Ensuite viennent les petites îles Ttibuaimanu ou Maïaom, dont l'abord n'est pas commode et qui sont habitées par 200 indigènes environ qui se livrent à la pêche ;

Les îlots stériles de Moo-itî, séparés de Mooréa par un» chenal de 300 mètres de largeur, les îlots de Tetiu^oa, entouré» d'une jolie bordut-e de cocotiers, et enfin le récif volcanique de Méhitia, dont le cratère éteint s'élève à 435 mètres et dont le rivage est presque inaccessible. Pour un touriste dans le pays, il y a là une jolie excursion à iaire et pas du tout banale.

Je n'ai rien dit aujourd'hui de Papeete, la capitale de Tahiti, ni des habitajits, ni des productions, ni du climat, etc.; c'est que pour la clarté et l'utilité de nos promenades à travers nos établissements français de l'Océanie, je suis obligé de procéder autrement et lorsque j'en aurai établi rapidement la topographie géographique, en quelque sorte, débarrassé de ces impedimenta, je reviendrai ensuite sur toute la partie politique et économique, laissée fatalenfient dans l'ombre et qui doit finale-»

ment être exposée avec des vues d'ensemble pour tous ces archipels.

Du reste, la question me semble assez intéressante pour que je m'efforce d'être assez clair et assez complet, pour permettre à nos lecteurs de tirer toutes les conclusions pratiques que comporte une étude impartiale.

L'archipel de tuamotu

A M. H. Luguet, Directeur du Petit ColoniaL

« Mon cher ami,

« Je rentre à peine d une tournée de conférences en province, très fatigué, et avant de terminer l'examen de nos^ petites colonies dans l'Océan Indien, en disant quelques mots de Mayotte et de§ dépendances de Madagascar, je veux vous adresser tout de suite les quelques indications suivantes sur- Farchipe) de Tuamotu qui vient d'être le théâtre d un désastre, sans doute moins grave, mais aussi épouvantablement tragique,, aussi shakspearien que celui de Saint-Pierre de la Martinique, et certes là, l'agonie des survivants a été plus terrible et plusdouloureuse.

« Aussi bien cette petite note ne compte pas et sera simplement à replacer le jour où je parlerai de nos petites colonies de rOcéanie, dans l'Océan Pacifique.

« L'archipel de Tuamotu ou iles Basses, que l'on doit prononcer Touamotou, comprend environ 80 îles éparpillées sur une longueur de 4.000 kilomètres, suivant une direction sudest-nord-ouest et sur une largeur de seulement 80 kilomètres environ.

(t Le chef-lieu Rotoava se trouve dans l'île Fakarava et. Ton peut dire qu'à l'exception de Makatea, Tikei et Rekaréka, ces iles ne forment que de longs récifs madréporiques ou atolls -avec un lagon central et souvent circulaire, suivant ledegré d'avancement de formation de l'île.

« Cependant, il ne faut pas confondre un lagon presquetoujours dû à une formation madréporique avec celui dû à un soulèvement volcanique comme cela est arrivé à Saint-Paul^

près de l'île Amsterdam et dont j'entretiendrai bientôt mes lecteurs ici même.

« Ces atolls ont de 4 à 500 mètres de largeur, très peu élevés au-dessus de la mer et entourant précisément ces lagonsou kcs intérieurs dans lesquels les indigènes pèchent les nacres, perlières.

« Il y a quelques lagons qui sont accessibles aux plus, grands navires, quand il s'est produit une cassure, une solution de continuité dans la couronne madréporique. Et, naturellement ils y trouvent un abri sûr contre le ressac, mais non contre le vent.

« Parmi ces lagons, dont un grand nombre sont complètement fermés, il convient de citer parmi les plus grands, celui, de Ragiroa qui a 190 kilomètres de circuit, de Fakarava qui a 160 kilomètres de circuit, tandis que c'est celui iYAnaa qui possède la ceinture de terre la plus épaisse.

« On sait comment cette terre se fornie : lorsque les madrépores et les coraux ont terminé leur œuvre sous-marine et émergent au-dessus de la mer, les oiseaux viennent y déposer leur fiente et forment ainsi une épaisse couche de guano sur laquelle le vent et leur bec apporte à leur tour les graines, les germes des cocotiers et bientôt une île nouvelle est formée. Et c'est ainsi que ces étranges animaux de pierre accomplissent leur œuvre incessante et érigent des archipels et c'est ainsi qu'un jour la mer de corail elle-même aura disparu, sous la lente action de ces animaux singuliers, dont le rôle paraît être de solidifier le carbonate de chaux de la mer, sous forme de calcaire. Mais ces arborescences immenses, profondes, vertigineuses, des madrépores s'élaiiçant du fond des mers pour former des îles, doivent être pleines de trous, de ramifications, de plantes aquatiques et n'avez-vous pas, comme moi, souvent amis lecteurs, le désir fou de vous y promener en scaphandre ou en sous-marin ? Ce serait la un genre d exploration vraiment inédit.

« Cependant, rien ne se fait vite dans la nature et le sol

<Je ces iles est le plus souvent aride pendant de longs siècles et c'est à peine si, sur une mince couche de terre végétale, on trouve une sorte de .buis ap'pelé Mikimiki^ despaiidaaus^ espèce de planté, mouocotylédone, voisine des palmiers et enfm des cocotiers, souvent plantés par les Maoris.

ce En allant du nord vers le sud et de l'ouest vers l'est, les lies les plus importantes sont Makatea où l'on trouve des cocotiers et des patates ; Ragiroa qui a des belle plantations de cocotiers, mais .ne peut pas posséder la lucrative industrie de la pêche perlière et nacrière à cause de la présence des requins qui çont, comme l'on sait, le terrible fléau des mers chaudes ; Arutua, lagon très poissonneux., où l'on trouve de très belles liacres et les superbes pintadines de 42 à 20 centimètres de longueur qui produisent la nacre et les perles les plus estimées ; Kaukura a déjà été dévastée par le terrible cyclone de 4878 et possède le lagon le plus riche en nacre de tout l'archipel.

Fakarava, a seulement 320 kilomètres de Tahiti, possède la plus belle rade de tout l'archipel; Anaa possède un bon port et était Yûe la plus peuplée de Farchipel, Tokapoto est couverte de beaux cocotiers et la nacre y est abondante, mais souvent détériorée par une maladie spéciale à ces bivalves, ce qui prouve que les avicules, pas plus que les autres êtres, ne sont à l'abri du mal physique et de la lutte pour la vie; Tàkaroa^' île assez peuplée et dont les naturels passent pour les plus habiles pécheurs de nacre de tout l'archipel; Kaliu possède de belles plantations et un lagon très riche en nacres ; Taéga ne possède guère que des habitants nomades qui s engagent sur les . habitations des îles voisines et sont comme les bateliers de tout l'archipel ; Napuka, l'ile la plus isolée, possède une flore très abondante et très variée ; HaOy Tune des îles qui vient d'être anéantie, possède des nacres et des pintadines de première qualité ; Fakahina a une population sédentaire qui se livre à la culture ; Marulea l'ile la plus basse, voisine des iles Gambier, a des nacres et des pintadines superbes.

« Ces îles ont été découvertes par Quiros; appelées. plus

tard PaumolxL ou iles basseSy ou archipel dangereux, elles nous appartiennent depuis '4852. D'une superficie totale de 86000 hectares, elles sont, divisées en 34 districts et comptent environ 5 à 6,000 habitants, ce qui prouve qu'il n'a pas pu en périr 10,000, comme on Tavait dit. tout d'abord; 24 de ces îles ou îlots sont rattachés administrativement à l'archipel des Gambier, sur lequel je reviendrai un jour, en parlant de nos petites colonies.

« Si nous avions voulu, nous aurions pu faire de larchipel •de Touamotou le premier lieu de production du monde des huitres nacrières, des pintadines et même des perles, mais on ne s'occupe guère de ces vétilles en France, et si l'on veut se renseigner approximativement, il vaut encore mieux s'adresser à Reclus.

« Naturellement, nous sommes renseignés par les étrangers, et s'il n'y a pas eu fort heureusement dix mille victimes, une grande partie des habitants de TArchipel sont morts et la dépêche suivante de Washington est le premier document à peu près certain sur lequel nous puissions nous baser :

« Le département d'Etat a reçu le rapport du Consul américain à Tahiti sur l'ouragan qui a ravagé l'archipel de Touamotou.

« Les vagues ont complètement détruit Hao et Mékimo. A Hikuerou, 400 personnes ont été enlevées par la mer.

« Mais quel qu ait été le nombre des victimes et précisément comme Ta dit fort judicieusement M. Bouquet de la Grye, parce que la vague n'a pas dCi dépassqr six à sept mètres, on reste terrifié et saisi d'horreur en pensant que des centaines d'habitants et peut-être des milliers ont dû se réfugier sur les cocotiers et attendre là la mort dans les affres de la faim, quand les cocotiers n'étaient pas déracinés, emportant avec eux les malheureux affolés.

« Les détails manquent encore, mais il s'est passé là un drame terrible, dans la plupart des îles et l'on reste douloureusement impressionné, en pensant que la Métropole n'a pas

l:- encore songé à ouvrir une souscription pour venir au^secours

-^ des survivants.

t-' « Tout comme lors de la catastrophe du Mont Pelé, Topi-

È nion publique s'est montrée par trop indifférente et je veux

:1 trouver une excuse à cette apparente indifférence dans notre

•; . profonde ignorance du monde colonial et même de nos pro-

'• près colonies.

' « C'est cette ignorance même qu'il faut faire disparaître

dans l'intérêt de notre commerce, dans l'intérêt de la Mère- Patrie ! »

ier r^ars i903

Page 1