‹ La concurrence étrangèreChapitre 49 sur 119 · I . aux intérêts matériels des sociétés elles-mêmes · texte numérisé non relu

I . aux intérêts matériels des sociétés elles-mêmes

En définitive, ce serait imposer des frais considérables aux sociétés concessionnaires, sans pour cela que l'Administration ait atteint son but, c'est-à-dire ait une sanction sur la valeur des bateaux, après qu'ils auront été construits....

Et les sociétés concluaient en priant le Ministre des colonies de bien vouloir ordonner que la cote du Veritas ou du Llyod soit remplacée par toute autre mesure qu'il jugerait convenable, ajoutant que l'on pourrait procéder pour la réception de

leurs bateaux, comme le prescrit l'arrêté local du 9 août 1895 ou par tout autre disposition analogue.

Il semble à tout esprit non prévenu que la modération même de cette demande devait appeler une prompte et heureuse solution, car il est évident que les sociétés ont le bon sens et la vérité, je dirai plus, les nécessités de la colonisation pratique pour elles, si l'on veut vraiment faire quelque chose d'utile au Congo.

Et que l'on ne s'y trompe pas. Cette demande en revision de l'article 43 du cahier des charges sous son air bénin, contient en elle-même un exemple et un haut enseignement colonial pour l'avenir, si l'on veut bien se donner la peine de comprendre.

En effet, nous sommes quelques-uns dans cet ordre d'idées qui avons consacré notre ^de et toute notre activité depuis la guerre à vulgariser et à simplifier les méthodes coloniales.

Or, qui pourrait affirmer que nos efforts aient toujours été couronnés de succès ?

L'on commence seulement à comprendre qu'il ne faut pas construire de quais, mais seulement des Warffs, pas de chemins à grandes sections, mais seulement des chemins de fer à voie étroite qui épousent tous les reliefs, etc., etc. En un mot, pour mettre en valeur une jeune colonie, il faut commencer par exécuter tous ces travaux publics indispensables et pour pouvoir y arriver, il faut le faire avec un minimum de dépenses.

En demandant la suppression d'une formalité, d'un contrôle, aussi inutiles que coûteux dans l'espèce, l'Union Congolaise Française avait donc absolument raison et restait dans les traditions vraiment pratiques de la colonisation moderne. . Dans le prochain chapiti-e, je m'occuperai de la très intéressante question de la vente des fusils à piston ; il y a là un point qui ne saurait nous laisser indifférents et je suis persuadé que mes lecteurs voudront bien continuer à me suivre toujours avec la même bienveillance dans cette enquête, peut-être un peu longue, mais cependant indispensable en ce moment.

Page 1