‹ La concurrence étrangèreChapitre 65 sur 119 · LE PENDULE ET LES MOUVEMENTS SISMIQUES · texte numérisé non relu

LE PENDULE ET LES MOUVEMENTS SISMIQUES

Il a été beaucoup question dans ces derniers temps de la fameuse expérience du pendule de Foucault, au Panthéon en 1854. L'expérience a été renouvelée Tautre jour au Panthéon par Camille Flammarion, mon vieux camarade des gens de lettres, et delà Société astronomique de France dont il est Féminent secrétaire général. Aussi bien elle est classique et je n'y reviendrai pas, car je suis persuadé que la plupart de mes lecteurs sont allés la voir un dimanche ou un jeudi, mais je pense que dans Tétat actuel de la science, il est temps de faire servir le pendule de Foucault à autre chose qu'à la démonstration du mouvement de la terre.

La boule de ce pendule est en plomb, pour n'être influencée par aucune action étrangère, magnétique ou électrique. Mais rien n'empêcherait au contraire de faire des boules en cuivre, en acier, en fer, en fonte, etc., pour suivre les influences directes — soit de la terre, magnétiques dans le sens attaché au mot — soit des astres, c'est-à-dire électriques.

Alors tout un champ nouveau s'ouvrirait à la science et peut-être que le pendule, venant renforcer le sismographe comme je l'ai souvent constaté, lors de ma mission aux Antilles en 1893-1894, servirait souvent à indiquer les futures éruptions volcaniques, par exemple. C'est ainsi que mon confrère Albert Legrand, déjà cité, peut dire :

L'étude de ces courbes a, en effet, permis à G. H. Darwin de conclure que la rigidité de la terre est plutôt supérieure qu'inférieure a celle de l'acier. Barnard arrive à des résultats analogues. L'existence d'une certaine élasticité est cependant admise depuis que Rebeur Paschwit a démontré, à l'aide du pendule horizontal l'existence d'une onde lunaire, qui déforme périodiquement le sol...

I Dans un discours très documenté, prononcé devant l'Aca-

demie en 1888, M. Ch. de la Vallée-Poussin a montré combien épaisses sont encore les ténèbres qui entourent ces questions. Le savant géologue faisait alors des vœux pour qu'un accord intervint entre astronomes sur Texistence d'un phénomène bien délicat à constater, la nutation diurne, dont M. Folie a établi théoriquement la possibilité, en partant précisément de la supposition d'une écorce mince et mobile sur un noyau fluide... » Pour moi ce phénomène de la nutation diurne doit être bien faible, s'il existe plus que pendant la nuit, car, il ne faut pas perdre de vue que l'émission du fluide électrique par le soleil, sous sa triple forme de fluide impondérable, de lumière obscure et de chaleur froide, donnant la lumière visible et la chaleur chaude^ seulement au contact de notre atmosphère, s'exerce sur l'autre hémisphère, et comme je nie absolument le feu central, car s'il y avait feu central la terre éclaterait en millions de fragments à l'instant, cette nutation diurne peut et doit exister, mais doit être encore impossible à constater scientifiquement. Quant à la fameuse théorie de la zone externe solide, incomplètement rigide, puisque le pendule horizontal laisse reconnaître qu'elle a encore une certaine déformabilité, elle ne prouve pas du tout que l'intérieur de la terre ne soit pas solide.

Mais voilà qui est infiniment plus intéressant, un astronome connu établit une corrélation entre les phénomènes solaires, lunaires et terrestres. Le 15 août, dit-il, le soleil était, à quelques minutes près, au zénith du mont Pelée, son action fut déterminante et la chaudière surchauflée éclata. Le 30 août, la lune, à son périgée, passait au même zénith ; la dépression longuement entretenue et préparée, reçut une telle accentuation qu'il en résulta trois efiroyables explosions continues.

Enfin, il laisse entrevoir de nouvelles catastrophes pour le mois de décembre et de février ; je souhaite qu'il se trompe, mais c'est à suivre, d'autant plus qu'un ingénieur de la Martinique, Albert Codé, a fait les mêmes constatations que moi :

Nous savons, cependant, que M. Julius Schmidt reconnaît

que les tremblements de terre de 1776 à 1873 ont été plus fréquents, lors du périgée lunaire que lors de Tapogée ; que les tremblements de terre, sur\^enus en Extrême-Orient de 1200 à 1873 avaient été plus fréquents et plus souvent renouvelés, lorsque la terre était le plus voisine du soleil.

Evidemment, on ne saurait nier les influences cosmiques, dues à la pesanteur et à la force centrifuge : mais de là à conclure aux phénomènes sismiques, il y a un grand pas à faire.

Quant aux effets dévastateurs du volcan de la montagne Pelée, ils n'ont pas été produits, seulement, par leç laves, les gaz et les scories, projetés, mais, aussi, par Télectricité qui, peut^tre, a joué le principal rôle : M. Palmieri, l'illustre savant, démontre que la vapeur, se dégageant d*un volcan, possède Félectricité positive tandis que les cendres prennent l'électricité négative ; d'où résultent des décharges continuelles qui, sans doute, ont donné naissance aux éclairs constatés par le capitaine du navire le Suchety au moment de l'éruption volcanique du 8 mai.

Le nouveau cratère du volcan formé à l'Ajoupa-Bouillon est dû à l'électricité : en efiet, la lave projetée du foyer interne du volcan, le 8 mai, s'est élevée au-dessus de sa cheminée, tandis que la force des gaz contenus dans le creuset de cette cheminée, donnait lieu à des explosions successives et à des décharges électriques qui, se renouvelant pendant plusieurs semaines, ont produit la déchirure du terrain environnant et la formation du cratère de l'Ajoupa-Bouillon.

Voulant en avoir le cœur net, je suis allé demander au jeune et éminent professeur de la faculté des sciences, à la Sorbonne, M- Berger, l'organisateur des expériences nouvelles du pendule du Panthéon, ce qu'il pensait du rôle de l'électricité dans l'univers et du rôle du pendule comme moyen d'arriver à constater l'influence des astres sur la terre. Très aimablement, il me répondit qu'en effet, l'électricité lui apparaissait, comme à moi, comme le moteur unique, ou tout au moins comme l'agent, comme la manifestation unique des forces de l'univers.

Dans l'état actuel de la science, on ne peut mesurer qu'un trente millième de millimètre de mouvement du pendule, mais beaucoup de savants, entre autres M. Puiseux, se sont occupés de la question:

Oui, certainement, il faut diriger les recherches dans ce sens, tâcher de faire du pendule le témoin scientifique et irrécusable des influences de la lune et du soleil, par exemple, sur la terre, et ce jour-là, je ne doute pas, tout comme vous, que Ton n'arrive promptement à découvrir et à formuler des lois nouvelles qui nous sont encore inconnues à l'heure présente.

Réconforté par ces bonnes paroles, je suis resté sous cette impression profonde que le pendule de Foucault va bientôt être, dans les mains des savants, un puissant moyen d'investigation^^au double point de vue des lois encore en partie mystérieuses qui concernent le magnétisme et l'électricité et qui, à coup sûr, régissent le monde !

LA MÉDECINE COLONIALE

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LA MEDECINE COLONIALE

LES MALADIES DES PAYS INTERTROPICAUX. — UNE HEUREUSE INITIATIVE.— HYGIÈNE COLONIALE

Depuis bien longtemps déjà, je voulais consacrer ici-même une série d*articles à la médecine coloniale, c'est-à-dire aux maladies dans les pays intertropicaux et comme je ne suis pas médecin, mais un simple et modeste économiste, j'étais résolu à m'en tenir aux conseils concernant la propreté et l'hygiène sous toutes ses formes, se rapportant à la nourriture, au vêtement, à Fhabitation, au travail, aux plaisirs, etc., car tout le monde sait qu'en pays intertropicaux une hygiène sévère est encore de beaucoup la meilleure des prophylaxies.

Et je me disais qu'avec mes connaissances spéciales, non pas de praticien, mais d'homme qui a beaucoup vu et observé sur place, je pourrais certainement arriver au double but que je voulais poursuivre : donner des conseils pratiques et ouvrir de nouveaux horizons à nos jeunes savants, en les incitant à aller étudier sur place de si nombreux, si curieux et encore si inconnus problèmes se rapportant à la vie humaine dans les pays intertropicaux, les seuls où se posent tous ces problèmes.

Dans les pays froids ou simplement tempérés, ils n'existent plus, il n'est pas besoin de le dire. C'est d'ailleurs ce que j'ai iait le plus utilement possible depuis 4900, dans mon cours de colonisation pratique et comparée, à la Sorbonne, en tenant constamment le colon au courant de ce qu'il doit faire et surtout éviter, depuis qu'il met le pied sur un paquebot dans un port de la Métropole, jusqu'au jour où il est bien installé sur ses terres, après quelques années d'exploitation.

J'allais donc commencer par une petite promenade aux Antilles, que je connais bien, par des exemples in anima vili,

lorsque mon excellent ami et confrère Almada Négreiros, envoyé en mission coloniale en France par le Portugal, m'envoie un très remarquable article, dont je me fais un devoir d'extraire les trop courtes citations suivantes, tant il met bien en lumière les préoccupations du moment, de toutes les grandes nations colonisatrices, dans cet ordre d'idées.

« Le gouvernement portugais vient de présenter au Parlement un projet de loi prévoyant la création à Lisbonne, d un cours de pathologie tropicale, et la fondation d'un hôpital destiné au traitenaent des fonctionnaires civils et militaires des colonies et ce, indépendamment de l'hôpital de la marine qui existe actuellement.

« Le ministre des colonies, un médecin il faut bien le dire, traite cette question avec une hauteur de vues remarquable. Il examine d'abord le fonctionnement des écoles et des hôpitaux similaires qui existent à l'étranger ; puis après avoir présenté les arguments lés plus sérieux sur l'opportunité de faire des études approfondies sur ces questions de pathologie coloniale^ il arrive à cette conclusion que, pour que l'œuvre soit complète, et ses résultats bien acquis, il faut placer, les nouveaux médecins dans un champ d'expériences- quotidiennes : c'est-à-dire dans un hôpital où l'on traite les maladies des tropiques.

« En effet, comme le disait encore M. le D^ Brouardel au Congrès de médecine de 4900, pour que les colonies soient productives, il faut soigner les colons, il faut que la médecine tropicale soit une réaUté, et qu'elle exerce tout d'abord son influence protectrice contre la rigueur des climats malsains.

fl: Dans le document que nous analysons, on a également envisagé d une façon toute particulière la santé, le développement physique et démographique des races indigènes, que les médecins coloniaux peuvent préserver de la destruction qui les menace.

<r A ce point de vue, il paraît probable que l'on créra, tant en Afrique qu'en Asie, des cours spéciaux, à l'usage des indigènes, dans le genre de ceux que M. Doumer a installés

dernièrement en Indo-Chine. On évitera alors les ravages causés par les médecins indigènes locaux, qui partout pullulent, et dont l'ignorance constitue un mal plus redoutable que les épidémies elles-mêmes.

Le Gouvernement s est également ému de Fétat d'affaiblissement dans lequel se trouvent les troupes continentales, après un long séjour dans les pays chauds.

« L'illustre doyen honoraire de la Faculté de médecine de Paris, avec sa haute autorité, a même formulé cette opinion : que là plupart des maladies tropicales étaient encore à étudier et que, par conséquent, on ne pouvait pas les guérir, puisqu'on les méconnaissait complètement.

« 11 est, en effet, absolument indispensable d'étudier les maladies sur place pour pouvoir les soigner ensuite en tous lieux. C'est ce que veut faire le Portugal en petit, en suivant l'exemple de ce que l'on vient de faire à Paris, et de ce qui avait été fait précédemment en Angleterre, en 4889, à Londres et à Liverpool. »

Il n'est pas possible de faire une constatation qui soit plus profondément juste, pour quiconque connaît les colonies et les maladies très spéciales que l'on y contracte. Cest précisément ce que j'exposerai dans ces études, en m'efforçant d'en donner les causes qui, comme toujours, sont multiples et complexes et tiennent aussi bien aux différentes races, c'est-à-dire à l'ethnographie, à l'éthologie et. à l'anthropologie, aussi bien qu'à la climatologie; mais je poursuis psu* une dernière citation :

« Dans cette école, l'enseignement théorique et pratique de la médecine des pays chauds, sera fait au moyen des trois chaires suivantes :

4o Pathologie et clinique ;

2o Hygiène et chmatologie ;

3o Bactériologie et parasitologie tropicales.

Le personnel enseignant sera recruté dans les cadres des médecins de la marine et du service de santé des colonies.

A côté de cet enseignement officiel, il y aura également un

cours d*hygiène tropicale, à l'usage des missionnaires, des officiers, des négociants, des planteurs, des fonctionnaires et, en général, de tous ceux qui auront l'intention d'aller s'établir dans les pays chauds. i>

Je ne dirai pas ; f in caudd venenum ; » je voudrais bien, au contraire, renverser le proverbe, car pour moi, ce dernier cours est appelé à rendre des services énormes et je suis heureux de voir enfin justement, après plus de trente ans de lutte, mes idées se répandre et mes théories se vulgariser comme celles des altitudes, dont je réclame la paternité, avec une certaine fierté !

Ce que fait là le Portugal est excellent et je remercie mon confifère et ami AlmadaNegreiros de l'avoir mis en lumière avec tant de talent et de précision ; je ne pouvais pas trouver moimême une meilleure préface aux études claires et simples, aux conseils pratiques et utiles, je l'espère, que je veux donner ici à propos de l'hygiène dans les colonies intertropicales.

DANS LES PAYS INTERTROPICAUX CE qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter

Suivant la promesse que je viens de faire, je vais tâcher de donner ici, dans une série de causeries, tous les conseils pratiques et terre à terre que comporte l'hygiène dans nos colonies intertropicales.

Il est bien entendu qu'il n'est pas utile de parler des autres colonies, car il n'y a que dans les pays chauds où l'on puisse constater toute une série d'affections autres que celles des climats tempérés.

Tout d'abord j'avais songé à une division tout à la fois scientifique, systématique et rigoureuse, à établir tout un traité d'hygiène depuis l'embarquement du colon à bord d'un bateau, en quittant la mère patrie, jusqu'à sa mort, ou tout au moins sa retraite dans la colonie. J'aurais pu parler ainsi de l'habillement, de la nourriture, de la boisson, de l'habitation, des soins hygiéniques proprement dits, des divers surmenages physiques et intellectuels, de la grosse question des altitudes, etc.

Je le ferai peut-être par la suite si mes lecteurs s'intéressent particulièrement à ces études vécues, aujourd'hui que tout le monde sent la nécessité de s'occuper des questions coloniales.

Mais tout d'abord j'ai pensé qu'il serait plus utile de s'en tenir aux idées générales, aux conseils indispensables que pouvaient suggérer des contrées relativement connues et c'est pourquoi j'ai tenu à rester dans ce cadre plus familier des Antilles françaises, espagnoles d'hier ou républiques indépendantes, espérant de la sorte mieux faire toucher du doigt, en quelque sorte, ce que j'ai à dire.

Aussi bien tout ce qui est vrai, à ce point de vue très

spécial de Thygiène dans les Antilles, l'est également en Afrique, en Asie et en Océanie, du moment qu'il s'agit des mêmes latitudes ou de climats à peu près similaires.

Lors de ma dernière mission aux Antilles, j'ai passé la majeure partie du temps en Haïti : c'est donc dans cette république noire que nous allons prendre nos premières observations.

Mes études, mes recherches et mes travaux étaient naturellement presque tous dirigés du côté des questions économiques. Ce ne sont donc que des observations d'un ordre tout à fait général et superficiel que je peux apporter ici au point de vue hygiénique. Du moins je pense qu'elles pourront servir à ouvrir des voies nouvelles et puis, comme je l'ai déjà dit, la seule excuse que puissent trouver ces courtes observations aux yeux de mes lecteurs, c'est qu'elles se rapportent à des pays intertropicaux et que, par conséquent, elles restent, à de très légères modifications près, applicables et également vraies pour toutes les colonies françaises qui se trouvent dans les mêmes conditions.

Petit à petit, toutes les Antilles sans exception, au point de vue de la race, se peuplent de plus en plus de noirs et de gens de couleur; mais la République d'Haïti est particulièrement une république noire, où les gens de couleur ne se retrouvent en grande quantité que dans les villes.

Transplantée, il est vrai, en Amérique, mais acclimatée depuis plus d'un siècle et indépendante depuis le commencement du dernier, la race noire en Haïti est donc dans son élément et fort curieuse à étudier.

En passant d'un continent sur l'autre, en s'alliant même aux blancs et formant les sang-mêlé, elle a gardé deux aptitudes générales qui se retrouvent toujours avec la même vivacité chez tous les jeunes gens : je veux parler d'abord de l'instinct musical qui est très développé dans la race et de l'amour de la médecine qui entraîne presque toute la jeunesse. Et s'il n'y a pas plus de musiciens et de médecins noirs ou de

couleur, c'est que la race a également ce grand défaut de manquer absolument de volonté, de ténacité et de persévérance ; aussi tout se passe en projets, en beaux discours — les palabres des ancêtres — mais l'exécution est plus rare et cette excessive mobilité du caractère de la race noire est pour elle une grande cause d'infériorité dans la lutte pour la vie à travers le monde. J'y reviendrai un jour plus en détail ; cependant mettez qu'il y ait deux cents étudiants haïtiens à Paris, la majeure partie feront leurs études en médecine et en pharmacie, le reste se fera avocat, et un trop petit nombre, pour les besoins du pays, deviendront ingénieurs, architectes ou agronomes.

Donc beaucoup de jeunes Haïtiens, après avoir terminé leurs études à Paris, rentrent en Haïti avec le brevet de docteur en médecine.

Malheureusement le gouvernement français donne avec une exti'ême facilité aux étrangers des brevets ou diplômes, à titre étranger, qui ne leur permettent pas, à la vérité, d'exer^ cer en France, mais qui, en leur conférant un titre, ont le défaut de les illusionner eux-mêmes sur leur propre valeur et de les armer insuffisamment pour soigner leurs compatriotes.

On me répond à cela que beaucoup de jeunes Haïtiens arrivent à Paris dès l'âge de huit ans, y font des études intégrales et par conséquent y passent leurs examens au même titre que les Français. Je le sais et c'est parfait ; on me dit encore que pour les autres il est d'une bonne politique française de les retenir chez nous par ces examens relativement faciles au titre étranger, si nous ne voulons pas les voir aller chercher des diplômes chez des dispensateurs moins scrupuleux, à Washington ou à Philadelphie, par exemple.

Quoi qu'il en soit, que les jeunes docteurs haïtiens aient des brevets complets ou restreints, ils sont les amis de la France et ils y reçoivent une large hospitalité. Quand ils ont terminé leurs études chez nous, non seulement nous leur avons ouvert les trésors de notre science, mais nous les avons mis à même de connaître à fond notre pays. Ils savent les condi-

tions climatériques de chaque point de la France, l'état bactériologique de chacun de nos fleuves et c'est tout un monde nouveau que la médecine a révélé à leur esprit, qu'il s'agisse d'hygiène, de pathologie ou de thérapeutique.

Or tout le monde sait qu'à ce triple point de vue les conditions de la vie dans les régions intertropicales ne ressemblent en rien aux nôtres. Cest ce .que les jeunes médecins haïtiens et je dirai antilliens tout entiers, semblent trop oubUer. Dans le prochain chapitre, je formulerai des idées précises et des projets simplement réalisables sur ce grave sujet.

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