LA MOUCHE TSÉ-TSÉ EN AFRIQUE
SES RAVAGES SUR LES QUADRUPÈDES. — LE SÉRUM HUMAIN. LES CONCLUSIONS SCIENTIFIQUES QU'iL CONVIENT D'eN TIRER.
J'ai déjà expliqué ici même comment les insectes étaient les transmetteurs, si j*ose m'exprimer ainsi, et les propagateurs de la plupart des maladies en pays intertropicaux; aujourd'hui je veux parler de la mouche tsé4sé qui pique bien Thomme, mais n'est dangereuse que pour les animaux.
Lorsque l'homme est mordu, la partie piquée rougit, enfle et, une demi-heure après, on n'y pense plus ; seules les piqûres nombreuses peuvent amener quelques troubles passagers, tandis que les quadrupèdes d'importation européenne sont, en général, frappés à mort.
Dans le pays, la mouche tsé-tsé pique bien les buffles et les antilopes, mais ces animaux semblent immunisés par une longue vaccination atavique. C'est le même phénomène que j'ai déjà constaté aux Antilles, où les noirs paraissent à peu près à l'abri de la fièvre jaune, à côté des Européens.
Malheureusement, il n'en est pas de même du cheval, du mulet, de l'âne, du porc, du mouton, du chien et de tous nos animaux domestiques, qui sont perdus du moment qu'ils sont piqués par la mouche.
A ce propos, il convient de citer le passage suivant de M. H. Chastrey qui s'est particulièrement occupé de l'effet du venin sur le bétail d'importation européenne :
« Le venin ne produit d'effets chez l'animal atteint de son dard redoutable que vingt-quatre heures environ après sa pénétration dans l'organisme. L'animal a de l'anxiété, de l'inappétence ; il est agité de mouvements convulsifs, l'œil devieôt bril-