UNIONS LIBRES
Plus délicateest la question de savoir si le fait par le conjoint survivant de s’engager dans une union libre constitue une infraction à la condition de viduité.
Répondre négativement, c'est donner une prime à l'union libre. Le bénéficiaire d'une libéralité grevée d’une clause de viduité préférera le concubinage, lui permettant d'en garder les avantages au mariage qui les lui ferait perdre. Cette considération de moralité conduit à assimiler, dans la matière qui nous occupe, l'union libre au mariage au moins lorsque la première revêt les caractères qui la font ressembler aux yeux du
public à une union régulière. |
Au surplus contracter une union libre n’est-ce pas abandonner le souvenir du passé que le disposant a au contraire voulu maintenir? M. Bartin, examinant ce point difficile, s'explique ainsi. « Il est bien vrai qu'on
pourrait objecter qu’une liaison, contractée par l'époux
auquel a été imposée la condition de viduité, implique elle aussi, surtout s’il s’agit d’une liaison affichée, l’oubli de l’ancienne union, alors cependant qu’on ne saurait aller jusqu’à admettre qu’elle entraîne, comme le ferait un second mariage la révocation de la libéralité subordonnée à la condition de viduité. L’objection ne me paraît pas irréfutable, Une liaison si accentuée