Garsonnet, op cit., p
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Les tenanciers libres étaient propriétaires de leur tenure moyennant une redevance foncière qu'ils payaient au seigneur et qu’on appelait Zins ou Freisins. Gomme l'indique cette dernière expression, ils étaient libres et presque aussi indépendants que les propriétaires d’alleux. Les baux étaient souvent héréditaires ou tout au moins viagers.
Quant aux paysans propriétaires, c’étaient les possesseurs des biens allodiaux dont nous avons signalé l’importance en Allemagne. Cependant ils étaient destinés à disparaître peu à peu et leurs terres passèrent en grande partie aux seigneurs et au clergé.
Dans les propriétés soumises au régime féodal, les classes de serfs et de tenanciers libres finirent parse confondre :les obligations diverses auxquelles chacun étaittenu vis-à-vis du seigneur se ressemblaient trop pour que leurs différences plus sensibles en théorie qu'en fait, ne tardassent pas à s’effacer. Que va-t-il alors se passer ? Les serfs vont-ils s'élever au rang de tenancierslibres comme en France ou au contraire ceux-ci vontils descendre à la condition de serfs ? Cette dernière alternative se réalisa en Allemagne. « Il y « avait si peu de différence, en fait, entre le « tenancier libre, l’homme à demi-libre et le « serf qu’on exigeait souvent de l’un ce qui
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« n’était dû régulièrement que par lautre..
« L'absence de limites précises entre le servage « et la liberté profita aux serfs dans quelques « principautés où, mis pendant de longues « années sur le même pied que les hommes « libres, ils avaient fini au xn° siècle par se con- « fondre avec eux ; mais ce fut l'exception. Dans « la plupart des Etats allemands les paysans « étaient descendus au rang de serfs au com- « mencement du xvi° siècle, au moment où le « servage s’éteignait en France et en Angle- « gleterre » (1).
D’après M. Blondel (2) tous ces paysans aux xv° et xvi° siècles n'étaient cependant pas aussi malheureux qu’on se le figurerait par ce qui précède. Le bonheur étant quelque chose de relatif, ce qui est une privation pour les uns n’en est pas une pour les autres. C’est la civilisation moderne qui a développé dans le peuple une foule de besoins inassouvis ; au moyen âge les privations étaient moins pénibles. On ne peut contester la justesse de cette remarque, il est bien évident qu’on ne peut souffrir du manque d'un bien quand rien ne vous révèle l'existence de ce bien.