‹ La Condition des Paysans et les Réformes Agraires en PrusseChapitre 11 sur 68 · Blondel, Réforme sociale, 1° juillet 1891, p · texte numérisé non relu

Blondel, Réforme sociale, 1° juillet 1891, p

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Mais une autre institution plus importante rendit un peu moins pénible la situation des paysans de cette époque. C'était lAnerben-

recht, mode de succession suivant lequel l'aîné des enfants héritait seul du domaine entier à condition de nourrir chez lui ses frères et sœurs. Dans cette sorte de régime patriarcal, une famille ainsi groupée et bien unie avait plus de force pour lutter contre la misère et en tous cas donnait une plus grande stabilité à la population rurale. 4

Le paysan vivait ainsi dans une demi félicité, il était certainement plus heureux qu'il ne le sera plus tard au xvu® siècle. Les rapports entre seigneurs et tenanciers étaient assez doux et sagement déterminés par des règlements appelés Weisthümer. De plus, l'Allemagne fut au moyen âge un pays très commerçant, les villes s’y multiplièrentet ce développement urbain eut une heureuse influence sur l'amélioration du sort des classes rurales. Ces villes en effet appréciaient beaucoup l'agriculture et, à mesure qu'elles s'enrichissaient, elles achetaient des terres. Or les paysans de ces domaines acquis,en changeant de maître, se trouvaient placés sous un joug moins lourd. Cet exemple s’étendit aux domaines avoisinants par une sorte de rayonnement.

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Enfin il est bon de signaler que sous les efforts persévérants de plusieurs générations de cultivateurs, la terre devenait plus fertile, acquérait de la valeur et par conséquent produisait beaucoup plus. Cette plus value rendait moins lourdes les redevances fixées originairement.

Mais cette situation favorable du xv° siècle ne dura pas toujours, les paysans se retrouvèrent bientôt placés dans l’état Le plus misérable.

De cette transformation, M. Blondel donne deux causes : les guerres et l’introduction du droit romain en Allemagne.

Les guerres qui désolèrent alors l’Empire.

surtout les guerres privées, ravagerent et détruisirent les récoltes et les villages. De plus, par suite du perfectionnement des armes, elles devinrent beaucoup plus coûteuses et il fallut augmenter les charges et redevances foncières : ce fut une nouvelle cause de ruine pour les paysans.

On connaît aussi ces histoires terribles des lansquenets, véritables fléaux des campagnes, des chevaliers-brigands (Raubritter) qui enlevaient et détruisaient ce qui se trouvait sur leur passage. Le paysan sans protection, à la merci de ces bandes pillardes, resta bientôt dénué de tout, dans une situation intolérable et ces gens autrefois heureux et prospères n’en sentirent que

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