Blondel, Réforme sociale, {er juillet
Ter
la coutume germanique les dispositions concernant les esclaves du droit romain. Que lon parcoure ce qui concerne l'esclavage antique et l’on pourra juger si cette adaptation était favorable aux paysans allemands.
« L’oppression des paysans, dit Knapp, date « du xvr siècle. C’est vers le milieu du xvn° siè- « clé après la guerre de Trente ans qu'elle « s’est accentuée pour atteimdre son'apogée au « xvum° siècle après la guerre de Sept ans... et « c’est du milieu du xvi° que date le droit pour le « propriétaire foncier, indépendamment des cor- « vées, de contraindre les enfants de ses tenan- « ciers à des services personnels de domesticité « (Zwangsdienste) ».
Le xvu* siècle fut pour les paysans une période d'immenses malheurs. Abandonnés par la Réforme qui avait surexcité leurs espérances, ils se trouvèrent désormais livrés sans défense aux représailles des seigneurs. La spoliation que subit l'Eglise catholique dans tout le nord de l’Allemagne, aggrava, par la sécularisation des domaines ecclésiastiques, la condition de ceux qui jusque-là, comme on disait, avaient « doucement vécu sous la crosse ».
Dans le Mecklembourg, à dater de 1552, l’ordre des prélats était supprimé et les paysans furent privés de tout appui vis-à-vis des cheva-
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liers. Dans la même principauté, en 1607, 1621 et 1660 on édicta toutes sortes de dispositions extrêmement dures pour les paysans : la peine de mort fut prononcée contre ceux qui s’échappaient.
Dans la Poméranie, en 1616, les paysans furent déclarés serfs et privés de tout droit.
Dans le Brandebourg, la situation était tellement intolérable que des paysans s’enfuirent et se firent voleurs de grand chemin : 12.000 domaines, dit-on, demeurèrent abandonnés.
« Tel était, dit l’historien allemand Ball, la « chaîne que nos paysans onttraînée.. Leur sort « était à peu près celui des nègres, sauf qu’on « ne les vendait pas isolément, comme des bêtes « de somme, aux plus forts enchérisseurs, « quoique, sous main, on en trafiquât parfaite- « ment comme du reste du bétail ».