LUS
frappe en père de famille, il les protège en père de famille, il accourt quand il y a un malheur à réparer, il les soigne dans leurs maladies, il leur fournit un asile dans leur vieillesse, il pourvoit leurs veuves, et se réjouit quand ils ont beaucoup d’enfants ; il est en
. communauté de sympathies avec eux, ils ne
sont ni misérables, ni inquiets, ils savent que
dans leurs besoins extrêmes ou imprévus, il
sera leur refuge. Dans les Etats prussiens, et suivant le code du grand Frédéric, une servitude plus douce encore est compensée par des obligations égales. Sans la permission du seigneur, les paysans ne peuvent aliéner leur champ, l’hypothéquer, le cultiver autrement, changer de métier, se marier. S'ils quittent la seigneurie, il peut les poursuivre en tout lieu et les ramener de force. Il a droit de surveillance sur leur vie privée et les châtie s’ils sont ivrognes et paresseux. Adolescents, ils sont pendant plusieurs années domestiques dans son manoir ; cultivateurs, ils lui doivent des corvées, en certains lieux trois par semaine. Mais de par lusage et La loi, il doit werller à ce qu'ils reçoivent l’éducauon, les secourir dans Vindigence, leur procurer autant que possible, les moyens de vivre. Il a donc les charges du gouvernement dont il a les profits
Len BUS
« et, sous la lourde main qui les courbe, mais « qui les soutient, on ne voit pas que les sujeté « regimbent » (1).
Dans le passage que nous venons de citer, Taine semble se réjouir de cette dépendance dont «les bienfaits contrepèsent les charges ». Mais elle n’en était pas moins un lourd fardeau et en outre elle avait l'inconvénient d’annihiler la volonté des paysans, de supprimer toute initiative de leur part; ils se laissaient vivre comptant sur l’assistance obligatoire que leur devait le seignenr en cas de maladie ou de vieillesse. Il pouvait résulter de cette situation pour l'intérêt général des conséquences très graves qui nécessitaient l'intervention des pouvoirs publics.
D'un autre côté. comme la possession du sol n'était pas héréditaire, qu’ils ne pouvaient comp: ter laisser leur Æof à leurs fils, les paysans cultivaient la terre avec beaucoup moins d’amour et se souciaient peu de l’améliorer.
Par les corvées et les services domestiques, ils se sentaient d’une essence inférieure à celle des seigneurs.
Enfin le travail fait dans des conditions pareilles était peu productif et même cette habitude