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« quelquefois la patience de le faire, on verra « que la plupart de ces terres ont été achetées « par des gens qui en possédaient déjà d’autres ; « de sorte que si la propriété a changé de « mains, le nombre des propriétaires s’est bien « moins accru qu'on ne se l’imagine…
« L'effet de la Révolution n’a pas été de diviser « le sol, mais le libérer pour un moment. Tous « ces petits propriétaires étaient en effet fort « gênés dans l'exploitation de leurs terres et « supportaient beaucoup de servitudes dont il « ne leur était pas permis de se délivrer ».
Ce long passage nous édifie sur la condition du paysan prussien à la fin du xvur siècle, obligé s’il voulait labourer son champ de profiter des nuits où il faisait clair de lune ; il nous montre que malgré sa protection apparente, la royauté l’avait livré aux nobles sans réserves à l'unique condition de ne pas les expulser pour augmenter leurs domaines de ses dépouilles.
En outre M. Tocqueville met en regard la situation du paysan français et cette comparaison, à l’avantage de la France, nous explique les victoires sans précédent que notre pays remporta sur l’Europe pendant 25 ans. Si nos paysans étaient capables de beaucoup de vigueur, d'énergie et de dévouement. on ne peut en dire autantdu paysan prussien à la fin du xvin° siècle ;